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	<title>Carnet de notes de Bernard Meha</title>
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		<title>Carnet de notes de Bernard Meha</title>
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		<title>Un &#171; &#233;v&#234;que socialiste &#187; allemand, Mgr von Ketteler</title>
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		<dc:subject>Histoire de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Rops</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'homme est passionnant, aussi s&#233;duisant et attachant que possible. La finesse, la distinction d'un aristocrate de vieille date, l'audace et la passion d'agir d'un chef. Patriote allemand, on le voit travailler &#224; l'unit&#233; de son pays : mais il n'acceptera pas l'emprise &#233;tatisante et centralisatrice de la Prusse. Lors du Kulturkampf, il sera un des adversaires avec qui Bismarck devra compter. Le m&#234;me attachement &#224; une conception germanique, traditionnelle, de son &#201;glise, fera de lui un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'homme est passionnant, aussi s&#233;duisant et attachant que possible. La finesse, la distinction d'un aristocrate de vieille date, l'audace et la passion d'agir d'un chef. Patriote allemand, on le voit travailler &#224; l'unit&#233; de son pays : mais il n'acceptera pas l'emprise &#233;tatisante et centralisatrice de la Prusse. Lors du Kulturkampf, il sera un des adversaires avec qui &lt;strong&gt;Bismarck&lt;/strong&gt; devra compter. Le m&#234;me attachement &#224; une conception germanique, traditionnelle, de son &#201;glise, fera de lui un opposant au dogme de l'Infaillibilit&#233; pontificale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce grand combattant est un chr&#233;tien admirable, un pr&#234;tre dans le sens le plus noble du terme, un pasteur d'&#226;mes. Il vit, il mourra pauvre. Ses journ&#233;es sont celles d'un moine, et ses repas, et sa discipline ; ce sera dans un couvent de tr&#232;s humbles capucins qu'il trouvera son dernier refuge. Tout son &#233;piscopat est marqu&#233; d'innombrables r&#233;alisations apostoliques : fondations de s&#233;minaires, organisation de missions, cr&#233;ation d'&#339;uvres de pi&#233;t&#233; et de charit&#233;, auxquelles, personnellement, il s'int&#233;resse. Il y a du Charles Borrom&#233;e et du saint Fran&#231;ois de Sales dans ce pr&#234;tre aristocrate qui n'aime pas la d&#233;mocratie, combat les socialismes, mais sait se placer au niveau du peuple, partager les angoisses des plus faibles, et qui, en leur nom, sait si bien r&#233;clamer justice. &lt;br class='manualbr' /&gt;Son action sociale s'exerce surtout par la plume et la parole. On ne compte pas les sermons, les discours,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait le mot de L&#233;on XIII, le Pape de la premi&#232;re encyclique sociale, &lt;strong&gt;Rerum Novarum&lt;/strong&gt; : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Ketteler fut notre grand pr&#233;curseur. &#187; &lt;/em&gt; Le catholicisme social a d&#251; &#233;norm&#233;ment &#224; l'archev&#234;que de Mayence, &#224; cet infatigable combattant des causes g&#233;n&#233;reuses. Mais les con-s&#233;quences de son action furent encore plus profondes. En travaillant &#224; resserrer les liens entre l'Eglise et la classe ouvri&#232;re, il a donn&#233; des assises populaires extr&#234;mement solides au catholicisme allemand ; il est significatif que l'&#201;glise catholique ait gard&#233;, dans une large mesure, ses masses, alors que le prol&#233;tariat protestant passa, tr&#232;s vite, au socialisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne devra pas &#234;tre perdu de vue quand on assistera &#224; la naissance du grand parti catholique allemand, le &lt;strong&gt;Centre&lt;/strong&gt; ; sans cet appui &#233;norme du peuple, l'&#201;glise e&#251;t- elle r&#233;ussi &#224; vaincre Bismarck dans le Kulturkampf, et le Chancelier e&#251;t-il d&#251; inscrire sur les tablettes de sa destin&#233;e Canossa apr&#232;s Sadowa et Sedan ? &lt;br class='manualbr' /&gt;Plus profond encore : n'est-ce pas le grand &#233;v&#234;que von Ketteler qui a donn&#233; au catholicisme allemand un de ses caract&#232;res fondamentaux qu'il a encore aujourd'hui, l'habitude de &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; consid&#233;rer le social sous l'angle d'un ordre harmonieux &#8230; plut&#244;t que d'un rude combat avec ses haines, ses triomphes, ses d&#233;faites &#187; ?&lt;/em&gt; Ce n'est pas en vain que lorsqu'en 1878 seront vot&#233;es en Allemagne les premi&#232;res lois sociales, en avance sur toute l'Europe, on les surnommera les &#171; lois Ketteler &#187;, en hommage &#224; un grand mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;(Daniel Rops, Histoire de l'Eglise Tome X, l'Eglise des R&#233;volutions p. 683 sq , Ed. Fayard ) &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Inquisition espagnole : Thomas de Torquemada</title>
		<link>https://bmehafms.fr/L-Inquisition-espagnole-Thomas-de-Torquemada.html</link>
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		<dc:date>2016-11-15T17:00:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>&lt;p&gt;De ce que fut vraiment l'&#339;uvre de l'Inquisition espagnole, on ne doit parler qu'avec une extr&#234;me prudence - l'inquisition fit peser sur l'Espagne enti&#232;re une atmosph&#232;re de crainte et de s&#233;v&#233;rit&#233; - Le sort des Juifs et des Musulmans pendant l'Inquisition&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_717 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://bmehafms.fr/sites/bmehafms.fr/local/cache-vignettes/L313xH499/daniel_rops_-_eglise_renaissance-b7371.jpg?1782883700' width='313' height='499' alt='Daniel Rops Eglise Renaissance' title='Daniel Rops Eglise Renaissance' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De ce que fut vraiment l'&#339;uvre de l'Inquisition espagnole, on ne doit parler qu'avec une extr&#234;me prudence ; sur ce point aussi l'imagination populaire a beaucoup affabul&#233;. Le premier Grand Inquisiteur, &lt;strong&gt;Thomas de Torquemada&lt;/strong&gt;, a &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233; comme un tortionnaire sadique, aux mains pleines de sang, faisant r&#233;gner la terreur dans toute l'Espagne : c'&#233;tait, en fait, un religieux tr&#232;s aust&#232;re, convaincu de l'utilit&#233; de son r&#244;le, mais d&#233;pourvu de cruaut&#233; et dont l'action, &#224; maintes reprises, s'exer&#231;a pour mod&#233;rer les exc&#232;s de certains juges eccl&#233;siastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les dominicains, au reste, qui fournirent &#224; l'Inquisition ses cadres, &#233;taient loin d'&#234;tre des &#171; Torquemadas &#187;, et beaucoup cherch&#232;rent &#224; ramener des p&#233;cheurs plus qu'&#224; les ch&#226;tier. Quant aux m&#233;thodes du c&#233;l&#232;bre tribunal, &#171; l'&#233;dit de fer &#187; qui obligeait les parents m&#234;mes des suspects &#224; les d&#233;noncer, les tortures de la question appliqu&#233;es aux inculp&#233;s pour obtenir leurs aveux, elles &#233;taient, on ne saurait l'oublier, dans les m&#339;urs du temps, - et le XX&#176; si&#232;cle est assez mal fond&#233; pour le reprocher au XV&#176;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le probl&#232;me du nombre des victimes, emprisonn&#233;es &#224; vie, &#233;trangl&#233;es ou br&#251;l&#233;es vives, apr&#232;s les c&#233;l&#232;bres &#171; actes de foi &#187; - autodaf&#233; - o&#249; leur condamnation &#233;tait proclam&#233;e publiquement ; l'histoire a bien du mal &#224; proposer des chiffres, tant les renseignements sont variables, entre quelques centaines et des dizaines de milliers ! Proportionnellement au nombre d'actions engag&#233;es devant tous les tribunaux, les condamnations graves furent certainement peu nombreuses. Trop encore, il va de soi, pour qui pense que la religion de l'amour ne s'instaure point par la force mais c'est une autre affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est certain, c'est que l'inquisition fit peser sur l'Espagne enti&#232;re une atmosph&#232;re de crainte et de s&#233;v&#233;rit&#233;, - presque de terreur, - assez voisine de celle que, ob&#233;issant &#224; d'autres exigences, le Tribunal R&#233;volutionnaire fit peser sur la France de 1793. Et ce qui est non moins certain, c'est que le peuple espagnol l'a non seulement accept&#233;e, mais voulue et b&#233;nie, comme une manifestation de cette foi ardente jusqu'&#224; l'h&#233;ro&#239;sme qui lui avait permis de forger son destin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;(Daniel Rops : L'Eglise de la Renaissance et de la R&#233;forme p. 262)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='hrspip'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Le sort des Juifs et des Musulmans pendant l'Inquisition - les &#171; Marranos &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le double appareil de l'Etat et de l'Inquisition entra donc en action d&#232;s qu'on se f&#251;t rendu compte des dangers de contamination que la pr&#233;sence des corps &#233;trangers faisait courir &#224; la foi et &#224; l'unit&#233; de l'Espagne. Les premiers vis&#233;s furent les Juifs : une d&#233;cision radicale, en 1492, chassa du royaume tous ceux qui n'&#233;taient pas convertis ; et ce fut, par le pesant &#233;t&#233;, sur toutes les routes menant aux fronti&#232;res, le douloureux exode de quelque 200.000 pros-crits, rabbins en t&#234;te, vers le Portugal (o&#249; leur pr&#233;sence posa de s&#233;rieux probl&#232;mes), la France du Midi, les Balkans, l'Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le cas des Musulmans fut consid&#233;r&#233; ; de saints pr&#234;tres, comme le nouvel archev&#234;que de Grenade, Hernando de Talavera, tent&#232;rent de le gagner par la douceur, sans grand succ&#232;s. Une action plus brutale, men&#233;e par Xim&#233;n&#232;s de Cisneros, devenu cardinal et Grand Inquisiteur, amena quelques centaines de conversions, mais aussi, par contrecoup, d&#233;termina une r&#233;bellion dont les &#233;l&#233;ments tinrent le maquis dans l'Alpujarra et les collines d'Alba&#239;cin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors des mesures rigoureuses furent prises : violant le pacte de capitulation, on se mit &#224; pers&#233;cuter les Musulmans, &#224; rafler leurs livres saints, &#224; transformer en &#233;glise la grande mosqu&#233;e de Grenade. Et, &#224; leur tour, beaucoup s'enfuirent, gagnant l'Afrique. Quant &#224; ceux qui, anciens Juifs, anciens fid&#232;les de Mahomet, s'&#233;taient fait baptiser, mais semblaient de pi&#232;tres chr&#233;tiens, l'inquisition entra en action contre eux. Sur les &#171; Marranos &#187; surtout, elle s'acharna, au point que le Saint-Si&#232;ge s'en &#233;mut et rappela les Inquisiteurs &#224; plus de mod&#233;ration. Violences, au total, qu'une conscience chr&#233;tienne ne saurait approuver, mais qui paraissaient n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il, fallait une preuve que cette &#339;uvre &#233;tait utile, on la trouverait en cette constatation. Dans ce royaume aust&#232;re, s&#233;v&#232;rement gard&#233;, aucune des tendances pernicieuses du temps ne put s'infiltrer au point d'y constituer une menace. L'humanisme qui devait y compter un ma&#238;tre, le professeur de Louvain Luis Viv&#232;s (1491-1540), savant commentateur de saint Augustin, un des animateurs de la c&#233;l&#232;bre Bible polyglotte, ne s'&#233;carterait pas de ses bases chr&#233;tiennes. Le protestantisme &#233;chouerait presque compl&#232;tement dans la p&#233;ninsule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;(Daniel Rops : L'Eglise de la Renaissance et de la R&#233;forme p. 266)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La merveilleuse histoire d'Anne-Marie JAVOUHEY (1)</title>
		<link>https://bmehafms.fr/La-merveilleuse-histoire-d-Anne-Marie-JAVOUHEY-1.html</link>
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		<dc:date>2013-06-12T16:10:51Z</dc:date>
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		<dc:subject>mission</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Rops</dc:subject>
		<dc:subject>Saints</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;fondatrice de la congr&#233;gation des S&#339;urs de Saint Joseph de Cluny&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://bmehafms.fr/+-Saints-+.html" rel="tag"&gt;Saints&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e en 1779, dans un foyer riche de foi, la fille a&#238;n&#233;e de la famille Javouhey passe une enfance heureuse dans le village de Chamblanc, en Bourgogne. Bient&#244;t la R&#233;volution exerce ses m&#233;faits jusque dans les campagnes ; l'adolescente cat&#233;chise les enfants et accompagne dans la nuit les pr&#234;tres pourchass&#233;s. Dans le petit oratoire du jardin familial, elle passe de longs moments en pri&#232;re ; un appel se fait pressant en elle. Dans la nuit du 11 novembre 1798, en pr&#233;sence d'un pr&#234;tre proscrit, de sa famille et d'amis s&#251;rs, elle consacre sa vie &#224; Dieu pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Anne-Marie cherche sa voie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous les couvents ont &#233;t&#233; emport&#233;s par la tourmente r&#233;volutionnaire. Anne Javouhey se met en qu&#234;te &#224; Besan&#231;on o&#249; Jeanne-Antide Touret tente de faire rena&#238;tre des &#034;Soeurs de la Charit&#233;&#034;, &#224; la Trappe de la Valsainte en Suisse o&#249; elle retrouve Dom de Lestrange. Elle d&#233;couvre que sa mission n'est pas l&#224;. Elle reprend alors sa route t&#226;tonnante : cat&#233;chisme, accueil d'orphelines, petites &#233;coles gratuites &#8230; Echecs successifs, dans la pauvret&#233;, la mis&#232;re parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pape Pie VII s'arr&#234;te &#224; Chalon-sur-Sa&#244;ne apr&#232;s avoir sacr&#233; Napol&#233;on empereur, le 2 d&#233;cembre 1804. Anne et ses trois soeurs vont le rencontrer ; il les encourage dans leur projet de vie consacr&#233;e. D'autres jeunes filles se joignent &#224; elles. Anne d&#233;cide d'aller trouver l'&#233;v&#234;que d'Autun qui lui demande de r&#233;diger une r&#232;gle de vie religieuse, puis de solliciter des Statuts pour la soci&#233;t&#233; naissante ; ceux-ci sont approuv&#233;s le 12 d&#233;cembre 1806 par l'empereur. Le 12 mai 1807, neuf jeunes filles &#233;mettent leur v&#339;ux de religion en pr&#233;sence de l'&#233;v&#234;que d'Autun, dans l'&#233;glise Saint Pierre de Chalon. &#034;Nous voil&#224; religieuses ! &#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les s&#339;urs s'installent &#224; Cluny&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Soeur Anne-Marie peut donner libre cours &#224; son dynamisme. Elle obtient la jouissance du grand S&#233;minaire d'Autun, devenu bien national, y accueille des fillettes qu'elle &#233;duque et forme au travail manuel. Les bless&#233;s de la guerre d'Espagne affluant, les S&#339;urs se transforment en infirmi&#232;res &#224; leur chevet. Au bout de trois ans, il faut chercher une autre maison. L'ancien couvent des R&#233;collets &#224; Cluny est achet&#233; par Balthasar Javouhey pour ses filles et le premier noviciat y est install&#233;. Le nom de Cluny, li&#233; &#224; celui des S&#339;urs de Saint Joseph, va bient&#244;t &#234;tre connu dans les cinq continents.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La premi&#232;re mission : &#224; l'&#238;le de la R&#233;union&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'appel de Dieu, peu &#224; peu d&#233;voil&#233;, entra&#238;nera les s&#339;urs Javouhey bien loin des plaines de Chamblanc. C'est &#224; Paris d'abord que S&#339;ur Anne-Marie fait de laborieux essais d'implantation. La m&#233;thode lancastrierme, d'enseignement mutuel, qu'elle utilise avec succ&#232;s pour les &#233;l&#232;ves d'une petite &#233;cole populaire, la fait conna&#238;tre du gouvernement. Une rencontre inattendue lui ouvre ces vastes horizons, entrevus 16 ans auparavant mais rest&#233;s obscurs pour elle : l'intendant de l'ile Bourbon lui demande des S&#339;urs pour &#233;duquer la jeunesse de couleur dans cette &#206;le lointaine, la R&#233;union actuelle. Les voil&#224;, ces enfants noirs que Dieu veut lui donner ! Sans h&#233;siter, S&#339;ur Anne-Marie accepte et pr&#233;pare 5 des 15 S&#339;urs de sa petite congr&#233;gation. Le 16 janvier 1817, elle les embarque &#224; Rochefort sur un voilier qui, apr&#232;s cinq mois et demi de travers&#233;e au gr&#233; des vents, les fera accoster sur des rivages bien neufs pour ces jeunes paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#232;re Javouhey s'embarque pour le S&#233;n&#233;gal&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lan missionnaire ne s'arr&#234;tera pas. En 1819, la jeune s&#339;ur de la fondatrice, M&#232;re Rosalie, d&#233;barque &#224; Saint-Louis du S&#233;n&#233;gal. En 1822 les Antilles - Guadeloupe et Martinique - voient arriver les robes bourguignonnes des S&#339;urs de Saint Joseph de Cluny. Cependant les nouvelles missionnaires sont durement &#233;prouv&#233;es. Au S&#233;n&#233;gal le d&#233;couragement les guette. M&#232;re Javouhey d&#233;cide d'y partir elle-m&#234;me ; elle observe, elle aime, elle agit. Saint-Louis, Gor&#233;e, lui font d&#233;couvrir l'horreur de l'esclavage &#8230; Elle a l'intuition que les Africains doivent &#234;tre eux-m&#234;mes les artisans du salut de leurs peuples. Elle entreprend de faire venir en France des jeunes Noirs qui se formeront, aux frais de la congr&#233;gation, pour devenir pr&#234;tres ou instituteurs selon leur vocation. Trois d'entre eux arriveront jusqu'au sacerdoce et seront les premiers pr&#234;tres s&#233;n&#233;galais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappel&#233;e en France en 1824, M&#232;re Javouhey s'emploie &#224; fixer les R&#232;gles et Statuts de son Institut. En janvier 1827, une autorisation d&#233;finitive lui est donn&#233;e par une ordonnance royale et en d&#233;cembre M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;gr&lt;/sup&gt; de Vichy, &#233;v&#234;que d'Autun, approuve ses R&#232;gles, Ainsi est assur&#233;e une coh&#233;sion entre toutes les maisons, proches et lointaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biographie d'Anne-Marie Javouhey par Daniel Rops&lt;br class='manualbr' /&gt;(Dans &#171; L'Eglise des R&#233;volutions &#187; Histoire de l'Eglise tome X, pages 261 et sq)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La merveilleuse histoire d'Anne-Marie JAVOUHEY (2)</title>
		<link>https://bmehafms.fr/La-merveilleuse-histoire-d-Anne-Marie-JAVOUHEY-2.html</link>
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		<dc:date>2013-06-10T16:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>mission</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Rops</dc:subject>
		<dc:subject>Saints</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En Guyane : &#171; Faire tomber les cha&#238;nes injustes, rendre la libert&#233; aux opprim&#233;s. &#187; (Is. 58)&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; En Guyane : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une proposition insolite arrive alors &#224; M&#232;re Javouhey : le ministre de la Marine l'invite &#224; reprendre l'essai malheureux d'exploitation de la Guyane, le long de la rivi&#232;re Mana. Elle s'interroge : ce pays pourrait-il donner un avenir aux orphelins qu'elle rencontre en France, aux esclaves africains jet&#233;s sur les rivages am&#233;ricains ?&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je vais me livrer enti&#232;rement entre les bras de cette divine Providence qui semble me conduire par la main &#187;, &lt;/em&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#233;crit-elle &#224; une de ses s&#339;urs. En juin 1828 elle s'embarque avec 40 religieuses, 12 ouvriers qualifi&#233;s et 30 jeunes gens choisis et pr&#233;par&#233;s pour cette t&#226;che. Sur place, les difficult&#233;s ne manquent pas mais gr&#226;ce au courage et &#224; l'esprit d'organisation de M&#232;re Javouhey, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; tout marche d'un pas ferme vers le bon ordre. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, 5 ans plus tard, elle doit repartir pour un Chapitre g&#233;n&#233;ral en France, elle laisse Mana &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;dans un &#233;tat tr&#232;s satisfaisant&lt;/em&gt; &#187; Elle a r&#233;ussi &#224; obtenir que les l&#233;preux, rel&#233;gu&#233;s aux &#238;les du Salut, soient install&#233;s &#224; l'Acarouany, dans un lieu ombrag&#233; et verdoyant, et soign&#233;s par ses S&#339;urs. Elle a accueilli &#224; Mana des esclaves &#034;marrons&#034; (fugitifs) dont les souffrances l'ont boulevers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A Mana&lt;/h2&gt;&lt;font color=&#034;#0000ff&#034;&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; A Mana elle pr&#233;pare des centaines d'esclaves &#224; leur &lt;br class='manualbr' /&gt;lib&#233;ration qui commencera en 1838 &lt;/em&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 septembre 1835, &#224; la suite d'une intervention de Lamartine &#224; l'Assembl&#233;e, un arr&#234;t&#233; de l'Amiral Duperr&#233;, ministre de la Marine et des Colonies, confie &#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Javouhey la mission de pr&#233;parer &#224; la libert&#233; et &#224; la citoyennet&#233; les esclaves de saisie d&#233;pos&#233;s &#224; Cayenne. Elle y voit un nouvel appel de Dieu et s'embarque de nouveau, malgr&#233; l'opposition de l'&#233;v&#234;que d'Autun. Son &#339;uvre de lib&#233;ration va &#234;tre contrecarr&#233;e de tous c&#244;t&#233;s : hostilit&#233; farouche des colons de Cayenne, opposition tenace de certains hommes d'Eglise &#8230; Critiques, tracasseries, accusations mensong&#232;res ne lui sont pas &#233;pargn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela il faut ajouter les difficult&#233;s inh&#233;rentes &#224; la mission qui lui est confi&#233;e : en effet elle doit se faire l'&#233;ducatrice d'hommes et de femmes &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; provenant de nations inconnues les unes des autres &#187;&lt;/em&gt;. de langues et de coutumes totalement diff&#233;rentes, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; n'ayant entre eux d'autres liens que ceux de l'esclavage &#187;&lt;/em&gt;. Comment leur faire d&#233;couvrir les grandeurs et les limites de la libert&#233;, &#233;veiller en eux le sens moral leur r&#233;v&#233;ler qu'ils sont aim&#233;s de Dieu ? Sa premi&#232;re attitude sera &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; la douceur alli&#233;e &#224; une sage fermet&#233; et &#224; la plus stricte justice &#187;&lt;/em&gt;. Les gestes maternels, les regards bienveillants, voil&#224; un langage que tous comprendront. Valeur du travail, de l'argent, du temps, sens de la familles de la propri&#233;t&#233;, de la justice, place des loisirs, tout cela s'enracine peu &#224; peu en eux et les am&#232;ne &#224; devenir des citoyens libres et responsables, qui ont conscience de leurs droits et de leurs devoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je suis heureuse au milieu d'eux,&lt;/em&gt; &#233;crit M&#232;re Javouhey.&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; J'aime &#224; les faire causer, &#224; leur faire raconter des histoires de leur pays. &#034;&lt;/em&gt; Soutenue par la certitude de faire &#034;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;l'&#339;uvre de Dieu&#034;&lt;/em&gt;, durant ce second s&#233;jour de huit ans en Guyane elle m&#232;ne des centaines d'esclaves &#224; leur lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biographie d'Anne-Marie Javouhey par Daniel Rops&lt;br class='manualbr' /&gt;(Dans &#171; L'Eglise des R&#233;volutions &#187; Histoire de l'Eglise tome X, pages 261 et sq)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La merveilleuse histoire d'Anne-Marie JAVOUHEY (3)</title>
		<link>https://bmehafms.fr/La-merveilleuse-histoire-d-Anne-Marie-JAVOUHEY-3.html</link>
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		<dc:subject>mission</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Rops</dc:subject>
		<dc:subject>Saints</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sa mission s'&#233;largit aux dimensions du monde - La Maison-M&#232;re s'installe &#224; Paris, rue M&#233;chain (14&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;)&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Sa mission s'&#233;largit aux dimensions du monde.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1843 elle est de retour en France. La congr&#233;gation est d&#233;j&#224; implant&#233;e &#224; Bourbon, en Inde, au S&#233;n&#233;gal, en Sierra Leone et Gambie, dans les Antilles fran&#231;aises et anglaises, &#224; Saint Pierre et Miquelon ; les maisons se sont multipli&#233;es en France. Bient&#244;t des S&#339;urs partiront &#224; Tahiti et aux Marquises, dans les petites &#238;les de Madagascar. Un projet de fondation en Chine reste sans suite. M&#232;re Javouhey est partag&#233;e entre la n&#233;cessit&#233; de donner du temps &#224; la formation des religieuses et de r&#233;pondre aux demandes de personnel qui se font insistantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle conduit des S&#339;urs dans les ports, fait des plans pour l'avenir, va sur place &#233;tudier des possibilit&#233;s de fondations. En f&#233;vrier 1848, elle est en Belgique quand &#233;clate en France une troisi&#232;me r&#233;volution. Elle revient &#224; Paris, soigne les bless&#233;s, aide les pauvres qui sont les premi&#232;res victimes de tous les bouleversements en cours. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;gr&lt;/sup&gt; Affre est tu&#233; sur les barricades. Agitations, incertitudes, violences &#8230; M&#232;re Javouhey garde son calme, encourage ses S&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Maison-M&#232;re s'installe &#224; Paris, rue M&#233;chain (14&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors que ses forces diminuent - elle est dans sa 70&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e - elle peut assurer &#224; son Institut un port d'attache &#224; Paris, dans l'immeuble qui est actuellement la Maison-M&#232;re, au 21 rue M&#233;chain, dans le 14&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. En novembre 1849, gr&#226;ce &#224; l'entraide qui se vit dans la congr&#233;gation, elle ach&#232;te celle belle propri&#233;t&#233; o&#249; elle installe une maison de formation et des activit&#233;s au service d'enfants et de personnes &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_259 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://bmehafms.fr/sites/bmehafms.fr/local/cache-vignettes/L260xH200/A01-Cluny-jardin-d5016.jpg?1782883700' width='260' height='200' alt='Jardin de la Maison M&#232;re des Soeurs de St-Joseph de Cluny' title='Jardin de la Maison M&#232;re des Soeurs de St-Joseph de Cluny' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ardente, intr&#233;pide, prompte &#224; aimer et &#224; pardonner, d'une bont&#233; qui ne connaissait ni limites ni entraves, Anne-Marie Javouhey a v&#233;cu ais&#233;ment une union &#224; Dieu qui s'est fortifi&#233;e dans les &#233;preuves et qui l'a lanc&#233;e dans le service inconditionnel des enfants, des malades, des ali&#233;n&#233;s, des gens m&#233;pris&#233;s, de tous les &#171; pauvres &#187; que croisait son chemin. Ses intuitions proph&#233;tiques, son sens p&#233;dagogiques ses initiatives audacieuses sa puissance cr&#233;atrice, ont leur source dans sa confiance in&#233;branlable en Dieu et dans la certitude de son appel. Chez elle, l'action de gr&#226;ces jaillit en toute circonstance ; &#224; la veille de sa mort, survenue le 15 juillet 1851, elle confie : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Je repasse en ma m&#233;moire tous les bienfaits de Dieu pour nous, ils sont si grands, si nombreux, si immenses que j'en suis confondue. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 octobre 1950, &#224; Rome . le Pape Pie XII proclame Anne-Marie Javouhey Bienheureuse. Son charisme anime plus de 3 000 S&#339;urs de Saint Joseph de Cluny, originaires de nombreux de pays, qui continuent sa mission dans les cinq continents. Des fondations naissent chaque ann&#233;e, en Inde, en Afrique (Niger, Tanzanie, Cameroun) en Am&#233;rique (Cuba, Argentine) aupr&#232;s de personnes pauvres et d&#233;laiss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux la&#239;cs, d&#233;sireux de vivre selon le charisme de la Bienheureuse Anne-Marie Javouhey, se sont rassembl&#233;s dans des groupes d'Associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biographie d'Anne-Marie Javouhey par Daniel Rops&lt;br class='manualbr' /&gt;(Dans &#171; L'Eglise des R&#233;volutions &#187; Histoire de l'Eglise tome X, pages 261 et sq)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Eglise de Cor&#233;e</title>
		<link>https://bmehafms.fr/L-Eglise-de-Coree.html</link>
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		<dc:date>2013-02-21T10:12:56Z</dc:date>
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		<dc:subject>Histoire de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;vang&#233;lisation</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Rops</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La naissance de l'Eglise &#224; la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. L&#233;on XII confia le &#171; pays du matin calme &#187; aux Missions &#233;trang&#232;res de Paris, en y constituant (1832) un Vicariat apostolique. (Daniel ROPS : L'Eglise des R&#233;volutions)&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://bmehafms.fr/sites/bmehafms.fr/local/cache-vignettes/L36xH60/arton669-69b43.jpg?1782852497' class='spip_logo spip_logo_right' width='36' height='60' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il paraissait plus noir, cet avenir dans un autre empire, voisin de la Chine et son vassal , cette longue presqu'&#238;le isol&#233;e, difficile d'acc&#232;s, h&#233;riss&#233;e de montagnes innombrables, que la g&#233;ographie occidentale conna&#238;t sous le nom de Cor&#233;e. Il avait pourtant, ce pays farouche, o&#249; le bouddhisme r&#233;gnait en ma&#238;tre, une histoire chr&#233;tienne extraordinaire, unique dans l'apostolat catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Eglise &#233;tait n&#233;e, en effet, &#224; la fin du xviiie si&#232;cle, sans l'intervention de missionnaires, une &#233;glise &#233;tonnamment vivante, et qui avait eu ses martyrs. Un jeune diplomate cor&#233;en, &lt;strong&gt;Seng-houn-i&lt;/strong&gt;, en poste &#224; P&#233;kin, y avait rencontr&#233; les pr&#234;tres catholiques, avait lu quelques-uns des livres th&#233;ologiques que les J&#233;suites avaient publi&#233;s et, gagn&#233; par la gr&#226;ce, s'&#233;tait fait baptiser. Rentr&#233; dans son pays en 1784, il avait fait, surtout dans la classe des Iettr&#233;s, une propagande si enthousiaste qu'il avait obtenu des conversions nombreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#201;glise purement la&#239;que &#233;tait donc n&#233;e, dont les fid&#232;les, ayant lu dans les livres, que les premiers chr&#233;tiens &#233;lisaient leur clerg&#233;, s'&#233;taient eux-m&#234;mes choisi dans leurs rangs un &#233;v&#234;que et quatre pr&#234;tres, qui c&#233;l&#233;braient la messe, - une messe, &#224; vrai dire un peu approximative, - en beaux habits liturgiques de soie. Se rendant compte qu'ils se fourvoyaient, ils avaient r&#233;ussi &#224; faire venir un pr&#234;tre chinois authentique, &lt;strong&gt;Jacques Tsiu&lt;/strong&gt;, qui avait donn&#233; &#224; cette jeune Eglise une vitalit&#233; telle qu'elle comptait pr&#232;s de 16 000 membres lorsque &lt;strong&gt;Tsiu et une dizaine de hautes personnalit&#233;s catholiques avaient &#233;t&#233; d&#233;capit&#233;s (1801).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les MEP en Cor&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans se d&#233;courager, les chr&#233;tiens de Cor&#233;e avaient alors r&#233;ussi &#224; envoyer en Europe une d&#233;l&#233;gation pour demander au Pape de leur donner des missionnaires. On &#233;tait en 1812 : &lt;strong&gt;Pie VII&lt;/strong&gt; &#233;tait prisonnier &#224; Fontainebleau ; il avait d&#251;, en pleurant, avouer qu'il n'avait pas un pr&#234;tre &#224; envoyer. Treize ans plus tard, saisi de la m&#234;me supplique, &lt;strong&gt;L&#233;on XII&lt;/strong&gt;, lui, put y r&#233;pondre favorablement. Il &lt;strong&gt;confia le &#171; pays du matin calme &#187; aux Missions &#233;trang&#232;res de Paris, en y constituant (1832) un Vicariat apostolique.&lt;/strong&gt; Pour les missionnaires de la rue du Bac commen&#231;a alors une suite d'aventures terriblement marqu&#233;es de sang, parmi les plus extraordinaires d'un m&#233;morial qui en compte beaucoup. Il fallait traverser la Chine interdite, franchir une fronti&#232;re strictement gard&#233;e, - certains la pass&#232;rent en empruntant des aqueducs ! - s'installer clandestinement dans un pays qui, tout de suite, se montra hostile ; et pour beaucoup d'entre eux, le martyre &#233;tait au bout du chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Danierl Rops, L'Eglise des R&#233;volutions, p. 797&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les instituts de Fr&#232;res dans l'Eglise</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Les-instituts-de-Freres-dans-l-Eglise.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://bmehafms.fr/Les-instituts-de-Freres-dans-l-Eglise.html</guid>
		<dc:date>2013-01-28T16:05:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
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		<dc:subject>Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Les Religieux</dc:subject>
		<dc:subject>Les pr&#234;tres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Il saute aux yeux que, dans notre Eglise, une structure tr&#232;s cl&#233;ricale perdure &#187; - Fr&#232;re ou P&#232;re ? Tous les religieux sont-ils pr&#234;tres ?&lt;/p&gt;

-
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://bmehafms.fr/sites/bmehafms.fr/local/cache-vignettes/L40xH65/arton663-6be6a.jpg?1782883700' class='spip_logo spip_logo_right' width='40' height='65' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_256 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://bmehafms.fr/sites/bmehafms.fr/local/cache-vignettes/L185xH325/B09_Turu_circul_jv12_-4fbde.jpg?1782867520' width='185' height='325' alt='Circulaire de fr Emili Turu, janvier 2012' title='Circulaire de fr Emili Turu, janvier 2012' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il saute aux yeux que, dans notre Eglise, une structure tr&#232;s cl&#233;ricale perdure, ce qui signifie que l'on minimise la participation active &#224; la vie et au gouvernement de l'Eglise de ceux qui ne sont pas clercs, et qu'on les rel&#232;gue &#224; &#234;tre des observateurs passifs ou, au mieux des collaborateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me demande souvent, sans pouvoir y croire, comment se fait-il qu'il n'y a pas de pr&#234;tres parmi nous [les Fr&#232;res Maristes]. C'est une v&#233;ritable ironie que, dans le contexte de la vie religieuse qui est n&#233;e la&#239;que, les Instituts de fr&#232;res apparaissent aujourd'hui comme une exception ou une bizarrerie, et qu'il faille presque justifier leur existence. Ne serait-ce pas plut&#244;t aux Instituts cl&#233;ricaux de nous expliquer comment ils associent le fait d'&#234;tre &#224; la fois religieux et clercs ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation ne devrait pas nous d&#233;courager, mais plut&#244;t nous stimuler. Dans un contexte cl&#233;ricalis&#233;, notre choix devient proph&#233;tique &#187;. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;(fr. Emili Turu, sup&#233;rieur g&#233;n&#233;ral des Fr&#232;res Maristes, janvier 2012, p. 18)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='hrspip'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#232;re ou p&#232;re ? Tous les religieux sont-ils pr&#234;tres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le message est fr&#233;quemment brouill&#233; dans l'esprit du public. Le religieux pr&#234;tre (appel&#233; P&#232;re) appara&#238;t comme un super religieux. Dans sa communaut&#233; il jouit d'une sorte de pr&#233;s&#233;ance. A lui la charge de sup&#233;rieur le plus souvent. Il est vrai qu'un religieux appel&#233; &#224; la pr&#234;trise, choisi en g&#233;n&#233;ral parmi les plus dou&#233;s, b&#233;n&#233;ficiera pour cela d'une formation compl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une confusion regrettable. La pr&#234;trise est &#224; consid&#233;rer comme un service (un minist&#232;re), non une dignit&#233; ! &#171; que le plus grand parmi vous prenne la place du plus jeune, et celui qui commande la place de celui qui sert &#187; (Luc 22, 27 &#8211; TOB 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi de grands ordres religieux n'emploient que le terme de Fr&#232;re, m&#234;me si on d&#233;signe un P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma congr&#233;gation il n'y a que des religieux non pr&#234;tres. C'est ce que j'ai choisi en connaissance de cause. &#187; (fr Bernard M&#233;ha)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Beno&#238;t Labre, de son si&#232;cle, le plus significatif</title>
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		<dc:subject>Histoire de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Rops</dc:subject>
		<dc:subject>Saints</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Il y a une dialectique de la saintet&#233; dont l'histoire de l'&#201;glise offre de nombreux exemples, comme si, au moment o&#249; l'humanit&#233; trahit son &#226;me, Dieu s'arrangeait toujours pour d&#233;signer quelques-uns de ses t&#233;moins privil&#233;gi&#233;s, afin que soit signifi&#233; un avertissement solennel. Saintet&#233; : antidote aux poisons qui nous tuent&#8230; &#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://bmehafms.fr/sites/bmehafms.fr/local/cache-vignettes/L36xH60/arton648-debc1.jpg?1782883700' class='spip_logo spip_logo_right' width='36' height='60' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Son aspect &#233;tait plus que singulier. Au premier abord, repoussant. Ses haillons ne se souvenaient m&#234;me plus d'avoir &#233;t&#233; des v&#234;tements ; il &#233;manait de lui une puanteur affreuse, et il ne fallait pas l'approcher de bien pr&#232;s pour voir que sur sa poitrine couraient les poux. Et cependant, &#224; qui savait l'observer, son visage r&#233;v&#233;lait une noblesse &#233;trange et myst&#233;rieuse, comme si l'esprit d'enfance &#224; qui fut promis le Royaume transparaissait sur ces traits d&#233;charn&#233;s, dans ces yeux caves, sur ces fi&#233;vreuses l&#232;vres entrouvertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle puissance surnaturelle &#233;manait de lui ? Nombreux &#233;taient les pr&#234;tres qui l'avaient vu prier, des heures, au fond de leur &#233;glise ou sur le seuil, les regards perdus dans une ineffable m&#233;ditation. Nombreux aussi les fid&#232;les qui, ayant jet&#233; quelques ba&#239;oques (monnaie pontificale) dans son &#233;cuelle, avaient re&#231;u de lui, avec son merci, des paroles si p&#233;n&#233;trantes qu'ils en avaient eu le c&#339;ur remu&#233;. Des jeunes gens, des religieux, assuraient l'avoir vu en extase, devant le Saint-Sacrement, soulev&#233; du sol par l'&#233;lan int&#233;rieur dans une posture qui d&#233;fiait toutes les lois de la pesanteur. Des enfants, &#224; ce qu'on racontait, avaient &#233;t&#233; gu&#233;ris simplement parce qu'il leur avait saisi la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et l'on rapportait de lui d'&#233;tranges paroles proph&#233;tiques o&#249; il annon&#231;ait que bient&#244;t un feu terrible balaierait sa patrie, que les abbayes o&#249; il avait v&#233;cu flamberaient, que les hosties seraient profan&#233;es et les pr&#234;tres pers&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ermite du colis&#233;e, le mendiant des Quarante heures, l'orant extatique des &#233;glises, s'appelait d'un vieux nom de France, &lt;strong&gt;Beno&#238;t Labre&lt;/strong&gt;, dont les Italiens avaient fait Labr&#233;. Il &#233;tait n&#233;, &#224; &lt;strong&gt;Amettes-en-Artois&lt;/strong&gt;, au dioc&#232;se de Boulogne, l'an 1748, dans une famille nombreuse, trop nombreuse, de paysans pauvres qui, pour joindre les deux bouts, g&#233;raient aussi une modeste &#233;picerie-mercerie dans le bourg. Bien qu'il f&#251;t l'a&#238;n&#233;, Beno&#238;t avait &#233;t&#233; destin&#233; au sacerdoce, sous la conduite de son excellent oncle, le cur&#233; d'Erin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors qu'une carri&#232;re tout unie semblait s'offrir &#224; lui, o&#249; son intelligence et son application au travail lui garantissaient le succ&#232;s, sa route, au seuil de l'adolescence, avait soudain d&#233;vi&#233;. Quelle maladie de l'esprit l'avait-elle saisi alors ? A moins que ce ne f&#251;t un mal plus profond encore, la grande faim qui torture les &#226;mes pr&#233;destin&#233;es, la faim de Dieu. Psychose du scrupule, angoisse et d&#233;go&#251;t de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lisant, dans la biblioth&#232;que du presbyt&#232;re, les sermons bouleversants du P&#232;re Lejeune, le fameux oratorien aveugle qui, au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, avait fait courir les foules, le petit Beno&#238;t avait d&#233;couvert &#224; la fois l'insondable mis&#232;re du c&#339;ur de l'homme et le besoin d'une existence plus renonc&#233;e. Tour &#224; tour &#224; la porte d'une &lt;strong&gt;Chartreuse&lt;/strong&gt;, puis de la &lt;strong&gt;Grande Trappe&lt;/strong&gt;, puis de celle de &lt;strong&gt;Sept-Fons&lt;/strong&gt;, il &#233;tait venu frapper. Sans succ&#232;s. Etait-ce son air d'innocent du Village ou son apparence malingre qui avaient inqui&#233;t&#233; les prieurs ? La m&#234;me r&#233;ponse lui &#233;tait tomb&#233;e dessus :&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Mon fils, ce n'est pas &#224; notre Institut que Dieu vous appelle ! &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A quoi donc ? Dans l'&#233;preuve, il avait alors compris. Ce &#224; quoi Dieu l'appelait, ce n'&#233;tait rien d'autre qu'&#224; une existence radicalement renonc&#233;e, calqu&#233;e sur celle du Fils de l'Homme qui &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; n'avait m&#234;me pas une pierre o&#249; reposer sa t&#234;te &#187;&lt;/em&gt;, une existence de pauvret&#233; absolue, d'humilit&#233; totale et d'abandon. N'&#234;tre rien, n'avoir rien, se nourrir d'aum&#244;nes, loger au hasard sous un porche d'&#233;glise ou dans un trou de rocher, cela n'&#233;tait encore rien : il y avait toujours des p&#232;lerins, sur les routes de chr&#233;tient&#233;, qui menaient une existence de cette sorte, ce qui leur valait consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t souhaitait davantage : devenir le m&#233;pris&#233;, le rebut de la terre, celui qu'on chasse de partout, et que les clochards eux-m&#234;mes d&#233;daignent et maltraitent. Peu &#224; peu, il en &#233;tait venu &#224; cette volontaire n&#233;gligence de tout soin, de toute hygi&#232;ne, qui soulevait le c&#339;ur des d&#233;licats et n'aboutissait que trop bien &#224; lui valoir affronts et avanies. L&#224; seulement dans cet &#233;tat de m&#233;pris, il trouverait la paix, la fin de cette angoisse qui lui mordait le c&#339;ur quand il pensait &#224; sa condition de p&#233;cheur, jamais s&#251;r d'&#234;tre absous, jamais s&#251;r de ne pas tomber dans l'ab&#238;me. Pour sauver son &#226;me, quel meilleur moyen que de livrer, vivant, son corps &#224; la vermine qui, demain, le rongerait au tombeau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze ans durant, il avait donc &#233;t&#233; le mendiant de l'absolu qui courait les routes de Chr&#233;tient&#233;. De sanctuaire en sanctuaire, de relique en relique, de la Vierge noire d'&lt;strong&gt;Einsiedeln &lt;/strong&gt; au &lt;strong&gt;Saint Suaire de Chamb&#233;ry&lt;/strong&gt;, et de &lt;strong&gt;Compostelle &lt;/strong&gt; &#224; &lt;strong&gt;Assise &lt;/strong&gt; ou &#224; la &lt;strong&gt;Santa Casa de Lorette&lt;/strong&gt;. Un grand chapelet autour du cou, &#224; l'&#233;paule la besace qui contenait, avec quelques cro&#251;tes, un volume d&#233;penaill&#233; de l'Imitation et deux ou trois trait&#233;s d'oraison aussi minables, combien de lieues n'avait-il point parcourues, les jambes enfl&#233;es et les pieds en sang, souvent si &#233;puis&#233; que de bonnes &#226;mes avaient piti&#233; de lui et le recueillaient dans quelque d&#233;barras !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette longue errance avait &#233;t&#233; marqu&#233;e de maints &#233;pisodes cruels ou touchants. Une fois un pr&#234;tre l'avait fait emprisonner, le soup&#231;onnant du vol d'un calice ; une autre, parce qu'il s'&#233;tait arr&#234;t&#233; sur le bord de la route, pour ranimer un bless&#233; laiss&#233; l&#224; par les brigands, on l'avait accus&#233; d'&#234;tre l'assassin. Combien de fois ne l'avait-on pas chass&#233; &#224; coups de pierres ? Mais tous ces opprobres il les accueillait avec le sourire, comme le don le plus pr&#233;cieux que le Christ humili&#233; puisse faire &#224; ceux qu'il aime, et quand un caillou tranchant lui d&#233;chirait la peau jusqu'au sang, il le ramassait et le baisait avec amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel &#233;tait l'&#233;trange personnage qui &#233;tait mort &#224; Rome, le &lt;strong&gt;16 avril 1783&lt;/strong&gt;, jour du Mercredi Saint, dans la boutique d'un boucher o&#249; on l'avait port&#233; apr&#232;s qu'il se fut effondr&#233; dans la rue. Telle &#233;tait la fascinante figure que la foule, patriciens et populace m&#234;l&#233;s, s'&#233;tait ru&#233;e pour voir &#224; Notre-Dame-des-Monts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un saint ? Quand, par hasard, il avait entendu voltiger ce mot autour de ses oreilles -il santo ! il santo ! - Beno&#238;t Labre s'&#233;tait enfui, le c&#339;ur plein d'&#233;pouvante. Un saint, lui ? Allons donc : le plus mis&#233;rable des p&#233;cheurs, il ne le savait que trop. Et cependant c'est bien ainsi qu'il nous para&#238;t : le plus &#233;tonnant des saints de son si&#232;cle, le plus significatif aussi. Cet homme qui aura tout refus&#233; de ce qu'aimaient ses contemporains, le confort mat&#233;riel, les plaisirs de la vie, les joies de l'esprit, ne dirait-on pas qu'il a &#233;t&#233; plac&#233; l&#224; par Dieu tout expr&#232;s pour donner une le&#231;on au monde ? &#171; Il y a une dialectique de la saintet&#233; dont l'histoire de l'&#201;glise offre de nombreux exemples, comme si, au moment o&#249; l'humanit&#233; trahit son &#226;me, Dieu s'arrangeait toujours pour d&#233;signer quelques-uns de ses t&#233;moins privil&#233;gi&#233;s, afin que soit signifi&#233; un avertissement solennel. Saintet&#233; : antidote aux poisons qui nous tuent&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour protester contre les emprises de l'argent, surgit en son temps le &lt;strong&gt;Poverello &lt;/strong&gt; d'Assise ; contre les puissances d&#233;cha&#238;n&#233;es de la violence, &lt;strong&gt;Monsieur Vincent&lt;/strong&gt; ; ainsi au si&#232;cle qui suivra celui de Labre, contre l'orgueil lucif&#233;rien des hommes, le &lt;strong&gt;cur&#233; d'Ars&lt;/strong&gt; et son esprit de p&#233;nitence, la &lt;strong&gt;petite Th&#233;r&#232;se&lt;/strong&gt; et son humilit&#233;. Au c&#339;ur du XVIII&#176; si&#232;cle impie et jouisseur, le mendiant du Colis&#233;e tient &#224; merveille ce r&#244;le : aux jours de Voltaire et de l'Encyclop&#233;die, sa pri&#232;re incessante a valeur de protestation.
Sans doute ne comprenaient-ils pas cela si profond&#233;ment, tous ceux qui, des jours et des nuits, envahirent l'&#233;glise o&#249; reposait sa d&#233;pouille, d&#233;bordant le service d'ordre de la Garde Corse, se battant pour essayer d'arracher &#224; sa d&#233;pouille quelques reliques, et r&#233;clamant du mort des miracles&#8230; qu'il fit. Mais &#224; travers les manifestations de la ferveur populaire, un grand t&#233;moignage &#233;tait donn&#233; &#224; ce myst&#232;re sans cesse renouvel&#233;, qu'est la pr&#233;sence de la saintet&#233; en notre monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Rops :&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; L'Eglise de la Renaissance et de la R&#233;forme&lt;/em&gt; (p. 348)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fr&#233;d&#233;ric Ozanam et les Conf&#233;rences de St-Vincent de Paul</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Frederic-Ozanam-et-les-Conferences-de-St-Vincent-de-Paul.html</link>
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		<dc:date>2011-11-24T13:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Rops</dc:subject>
		<dc:subject>Saints</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Non seulement les sept fondateurs pers&#233;v&#232;rent, mais ils rayonnent &#187; - &#171; La visite &#224; domicile reste le grand moyen. &#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'appel de Chateaubriand pour un ordre social plus juste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pr&#233;cis&#233;ment, au moment o&#249; le jeune homme m&#233;dite ces choses, une voix retentissante s'&#233;l&#232;ve, qui va achever d'orienter vers les pr&#233;occupations sociales l'&#233;quipe de &lt;strong&gt;l'Avenir &lt;/strong&gt; et qui va l'appeler, lui, &lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Ozanam&lt;/strong&gt;, &#224; sa vocation charitable, la voix d'un vieillard illustre : &lt;strong&gt;Chateaubriand&lt;/strong&gt;. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Un temps viendra o&#249; l'on ne concevra pas qu'il fut un ordre social dans lequel un homme avait un million de revenus tandis qu'un autre homme n'avait pas de quoi payer son d&#238;ner. - D'un c&#244;t&#233;, quelques individus d&#233;tenant d'immenses richesses, de l'autre, des multitudes sans nom de troupeaux affam&#233;s. - Bient&#244;t les fermiers demanderont au possesseur du sol pourquoi ils labourent ses friches, tandis que lui se prom&#232;ne les bras crois&#233;s, pourquoi ils n'ont qu'une blouse de toile, tandis qu'il porte une redingote de laine. - Faudra-t-il, pour main-tenir l'ordre, &#233;tablir une garnison de vingt-six mille hommes dans chaque ville manufacturi&#232;re ? &#187;&lt;/em&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Ces textes fulgurants, proph&#233;tiques, paraissent en d&#233;cembre 1831 dans la Revue Europ&#233;enne, puis dans le Globe. Jamais le vieux ma&#238;tre n'a parl&#233; de ces probl&#232;mes avec tant de pertinente v&#233;h&#233;mence. Toute une jeunesse les lit avec fi&#232;vre : &lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Ozanam&lt;/strong&gt; en est boulevers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais comment r&#233;pondre &#224; cet appel ? Comment agir ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On se pose la question dans le petit milieu estudiantin qui s'est constitu&#233; autour &lt;strong&gt;d'Ozanam&lt;/strong&gt;. Une &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Soci&#233;t&#233; des bonnes &#233;tudes &#187;&lt;/em&gt; existe, - assez analogue &#224; ce que nous appellerions aujourd'hui un groupement de J. E. C., de Jeunesse &#233;tudiante catholique. Elle est dirig&#233;e par un professeur, &lt;strong&gt;Emmanuel Bailly de Surcey&lt;/strong&gt; &#233;rudit grand collectionneur des manuscrits de &lt;strong&gt;saint Vincent de Paul&lt;/strong&gt; et depuis peu fondateur d'un journal, la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Tribune catholique &#187;, &lt;/em&gt; dont le programme se r&#233;sume en une br&#232;ve formule : laisser de c&#244;t&#233; la question politique, mais travailler &#224; ramener au Christ les brebis &#233;gar&#233;es. &lt;strong&gt;Ozanam &lt;/strong&gt; et ses amis viennent participer aux &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; conf&#233;rences d'histoire &#187;&lt;/em&gt; de M. &lt;strong&gt;Bailly&lt;/strong&gt; ; ils y parlent de la mythologie de l'Inde, du mahom&#233;tisme, de l'architecture gothique ou des ordres religieux. Mais en quoi tous ces beaux expos&#233;s font-ils avancer la cause de Dieu ? L'un des assistants, Le Taillandier, conclut qu'il faut faire autre chose. Et &lt;strong&gt;Ozanam&lt;/strong&gt;, qui jusqu'alors a gard&#233; le silence, de s'&#233;crier avec un accent qui fait impression -&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; la b&#233;n&#233;diction des pauvres est celle de Dieu&#8230; Allons aux pauvres ! &#187;&lt;/em&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Une nouvelle &#171; conf&#233;rence &#187; est aussit&#244;t d&#233;cid&#233;e, qui se donnera pour but &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; d'aller aux pauvres &#187;. &lt;/em&gt; Mais par quel moyen ? Le cur&#233; de Saint-&#201;tienne-du-Mont, &#224; qui les jeunes gens vont s'ouvrir de leurs grands projets, ne se montre pas tr&#232;s chaud ; ils feraient mieux de consacrer leur temps libre &#224; faire le cat&#233;chisme. Mais M. Bailly, lui, a compris. Il est, depuis longtemps, l'ami de la fameuse &lt;strong&gt;S&#339;ur Rosalie&lt;/strong&gt;, cette fille de la Charit&#233; dont le &lt;strong&gt;quartier Mouffetard&lt;/strong&gt; a fait une figure de l&#233;gende, et vers qui affluent &#224; la fois d'innombrables mis&#232;res et presque autant d'&#226;mes en qu&#234;te. Elle les juge, du premier coup d'&#339;il, ces &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; jeunes messieurs &#187;&lt;/em&gt; au c&#339;ur fervent ; elle leur fait confiance. Ils veulent &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; aller aux pauvres &#187; ? &lt;/em&gt; Soit. Voici une liste d'adresses. On verra bien si ces gar&#231;ons ne se rebuteront pas vite de visiter des taudis, de monter et descendre des escaliers branlants, de p&#233;n&#233;trer dans des bouges qui puent. Ils acceptent, avec joie. On est en mai &lt;strong&gt;1833 &lt;/strong&gt; : la &lt;strong&gt;Soci&#233;t&#233; de Saint- Vincent-de-Paul&lt;/strong&gt; vient de na&#238;tre. Les fondateurs sont sept : Bailly, d'abord, puis Ozanam, Lallier, Le Taillandier, Lema&#238;tre, Devaux et Clav&#233;. Ils ont pris pour patron le plus grand saint de la charit&#233; fran&#231;aise ils savent pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et c'est la r&#233;ussite&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les sept fondateurs pers&#233;v&#232;rent, mais ils rayonnent. Le but qu'ils se sont fix&#233; est tr&#232;s simple, tr&#232;s pr&#233;cis. Ils n'ont pas, quant &#224; eux, envie de r&#233;&#233;difier la soci&#233;t&#233; sur des bases nouvelles, comme &lt;strong&gt;Buchez&lt;/strong&gt;, ou &lt;strong&gt;Fourier&lt;/strong&gt;, ou &lt;strong&gt;Saint-Simon&lt;/strong&gt; : ils ne travaillent nullement &#224; &#233;difier une th&#233;orie sociale, comme on le fait &#224; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; la Soci&#233;t&#233; d'&#201;conomie charitable &#187; ; &lt;/em&gt; mais, modestement, humblement, ils veulent &#233;tablir des contacts d'homme &#224; homme entre les heureux et les malheureux, les riches et les pauvres. La visite &#224; domicile reste le grand moyen, presque le seul, la visite durant laquelle on fait plus que remettre &#224; un foyer mis&#233;rable, &#224; un vieux couple abandonn&#233;, un panier de nourriture ou quelque v&#234;tement : o&#249; l'on parle &#224; ces vaincus avec affection, o&#249; l'on restitue une dignit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Daniel Rops, &lt;br class='manualbr' /&gt;Histoire de l'Eglise Tome X, l'Eglise des R&#233;volutions p. 184-185&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Eglise et l'&#233;piscopat sous Napol&#233;on 1er</title>
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		<dc:subject>Histoire de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#234;tres - imams - pasteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Rops</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Le plus bel exemple peut-&#234;tre que donna cet &#233;piscopat de sa vassalisation fut l'acceptation par lui du cat&#233;chisme unique que Napol&#233;on voulut imposer &#224; tout l'Empire : le cat&#233;chisme imp&#233;rial &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://bmehafms.fr/+-Daniel-Rops-+.html" rel="tag"&gt;Daniel Rops&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;v&#234;ques, qu'avait choisis l'Empereur, mirent beaucoup d'empressement &#224; montrer leur gratitude en le servant. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Il y a un rapport, Messieurs, leur &#233;crivait Fouch&#233;, ministre de la Police, entre mes fonctions et les v&#244;tres : notre but commun est de faire na&#238;tre la s&#233;curit&#233; de l'Empire au sein de l'ordre et les vertus. &#187;&lt;/em&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Ce fut d'ailleurs bien ainsi que les &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; pr&#233;fets en soutane &#187;&lt;/em&gt; comprirent leur r&#244;le. Lorsque Maury fut nomm&#233; archev&#234;que de Paris, le m&#234;me jour o&#249; Pasquier devint pr&#233;fet de police, il s'&#233;cria : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; l'Empereur vient de satisfaire aux deux plus grands besoins de sa capitale : avec une bonne police et un bon clerg&#233;, il peut &#234;tre toujours s&#251;r de la tranquillit&#233; publique : car un archev&#234;que est encore un pr&#233;fet de police ! &#187;&lt;/em&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;On vit donc les &#233;v&#234;ques non seulement inviter au calme et au respect de l'ordre, ce qui est encore assez dans leurs attributions, mais publier des mandements pour faire admettre la conscription, voire collaborer avec la police pour neutraliser les mauvais esprits. F&#226;cheuse attitude pour des repr&#233;sentants de Dieu, que cette soumission sans r&#233;serve au pouvoir ! C'&#233;tait payer dix ou quinze mille francs de traitement qui leur &#233;taient attribu&#233;s, et le droit de retrouver une place protocolaire honorable ! &lt;br class='manualbr' /&gt;Cette conception de leur r&#244;le qu'eurent des hommes par ailleurs dignes d'estime devait avoir par la suite des r&#233;sultats assez d&#233;plorables ; trop fonctionnaris&#233;, l'Episcopat concordataire allait, pendant tr&#232;s longtemps, demeurer &#224; l'&#233;cart des pr&#233;occupations et des inqui&#233;tudes de son troupeau, beaucoup trop lent &#224; saisir les mouvements de la conscience chr&#233;tienne ; cela p&#232;sera lourd sur les destin&#233;es de l'&#201;glise au 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus bel exemple peut-&#234;tre que donna cet &#233;piscopat de sa vassalisation fut l'acceptation par lui du cat&#233;chisme unique que Napol&#233;on voulut imposer &#224; tout l'Empire : le cat&#233;chisme imp&#233;rial. D&#232;s le lendemain du Concordat, il s'&#233;tait ouvert de ce projet &#224; Portalis, et celui-ci, chez qui l'instinct d'adulation &#233;tait d&#233;velopp&#233;, l'avait compris &#224; demi-mot : ce cat&#233;chisme devrait surtout servir &#224; expliquer aux bons sujets de Sa Majest&#233; que Dieu voulait qu'ils lui fussent bien soumis.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; D. ROPS : &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;L'Eglise des R&#233;volutions&lt;/em&gt;, p. 165&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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