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	<title>Carnet de notes de Bernard Meha</title>
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		<title>Carnet de notes de Bernard Meha</title>
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		<title>L'hospitalit&#233; en Mac&#233;doine</title>
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		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>
		<dc:subject>culture - arts</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des Fr&#232;res Maristes de Monastir, en excursion, en font l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://bmehafms.fr/-Articles-du-Petit-Juveniste-sur-Monastir-et-la-Yougoslavie-.html" rel="directory"&gt;Articles du &#171; Petit Juv&#233;niste &#187; sur Monastir et la Yougoslavie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://bmehafms.fr/+-culture-arts-+.html" rel="tag"&gt;culture - arts&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alexandre, partant &#224; la conqu&#234;te des Indes, r&#233;unit ses principaux officiers et leur distribua tous ses biens. Comme on lui demandait quelle part il se r&#233;serverait : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Celle que l'avenir me fera &#187;&lt;/em&gt; , r&#233;pondit le magnanime g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La g&#233;n&#233;rosit&#233; mac&#233;donienne ne date donc pas d'hier et elle peut, &#224; juste titre, se glorifier d'&#234;tre plus vieille que l'Europe.&lt;br class='manualbr' /&gt;Celle-ci cependant se montre d&#233;daigneuse &#224; son &#233;gard et se croit tr&#232;s sup&#233;rieure quand elle a qualifi&#233; une affaire trouble du nom de &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; mac&#233;doine &#187;.&lt;/em&gt; Sans cacher que ce terme s'appliquerait mieux &#224; elle qu'&#224; son pays d'origine, cette fameuse Europe pourrait en plus d'un cas recevoir de son ain&#233;e de salutaires le&#231;ons. Le moderne a tout envahi m&#234;me ce qu'il y a de plus sacr&#233;. Les r&#233;ceptions entre amis s'exp&#233;dient comme affaires commerciales ou comme une R&#233;union de la Soci&#233;t&#233; des Nations o&#249; chacun se dit le grand ami de tout le monde mais montre imm&#233;diatement les dents quand on parle de partager les biens. Comme il fait bon alors de se reporter au bon vieux temps du Moyen Age o&#249; tout &#233;tait simplicit&#233;. ; o&#249; un familier laisser-aller tenait lieu de nos phrases creuses et fac&#233;tieuses que l'on dit polies !&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Monastir et Obxrida &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monastir que nous habitons est une ville pleine de souvenirs et d'histoire. Elle fut fond&#233;e en 350 avant J.C. par Philippe et se trouve sur la fameuse &lt;strong&gt;Voie Egnatia&lt;/strong&gt; , construite par les Romains pour relier Byzance &#224; Rome. Peu satisfaits cependant de faire connaissance avec de si beaux titres de noblesse, nous d&#233;sirions depuis longtemps visiter Oxrida, petite ville &#224; 8O kms &#224; l'ouest de Monastir. Une circonstance favorable nous procura ce plaisir. Une camionnette mise &#224; notre disposition nous d&#233;posa sur une place d'Oxrida.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Oxrida fut la capitale d'un empire bulgare &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qu'est cette inconnue au nom &#224; demi barbare avec, au milieu, un x guttural arabe et que pr&#233;tendez-vous nous dire sur son compte ? Eh bien ! cette minuscule cit&#233; fut autrefois capitale et capitale d'un empire bulgare. L'empereur Sim&#233;on y r&#233;gna glorieusement , apr&#232;s avoir soumis toute la Mac&#233;doine actuelle. Elle fut aussi , durant de longues ann&#233;es, le si&#232;ge du Patriarche de toute la Bulgarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point de vue catholique, ce fut le dernier Ev&#234;ch&#233; de Mac&#233;doine que l'Eglise abandonna il y a 80 ans, faute de fid&#232;les. On y v&#233;n&#232;re encore le corps de St Cl&#233;ment. Pour les amateurs d'histoire , voil&#224; de quoi les int&#233;resser et s'ils veulent plus de d&#233;tails, nous leur en donnerons une autre fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces souvenirs sont bien vieux et la poussi&#232;re du temps qui les recouvre rebuterait vite nos touristes modernes si quelques objets plus all&#233;chant ne les attiraient.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Une ville assise au bord d'un lac &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oxrida est sise au bord du lac de m&#234;me nom, sur un petit promontoire : montons, si vous le voulez au pied de la vieille tour qui rappelle nos castels de France. De ce point, le regard domine toute la contr&#233;e. Sous vos pieds , les maisons descendent en gradins d'amphith&#233;&#226;tre jusque dans les eaux bleues du lac qui, dans les beaux jours, refl&#232;tent leurs murailles recouvertes de lierre ; gracieusement encadr&#233; de collines plant&#233;es de vignes aux pampres jaunes , le lac vous appara&#238;t comme un saphir serti dans un &#233;crin d'or. Des &#233;clairs argent&#233;s sillonnent constamment la surface tranquille des eaux : ce sont les superbes truites de 60 centim&#232;tres qui se faisaient servir autrefois sur la table des empereurs byzantins. Elles g&#233;missent maintenant , mais non pas nous, de n'&#234;tre mang&#233;es que par de vulgaires bouches. Derri&#232;re nous, la plaine , born&#233;e dans le lointain par les cimes neigeuses du P&#233;rist&#233;ri. Pour le pittoresque du tableau , l'&#233;clat du coloris et de la richesse du d&#233;cor, le panorama ne le c&#232;de qu'au Bosphore ou au lac de Gen&#232;ve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Nous sommes re&#231;us dans un &#171; kafana &#187; &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'auto nous avait l&#226;ch&#233; pour aller excursionner en Albanie. Et nous &#233;tions &#224; 80 Kms du home ! Que faire ? Point d'h&#233;sitation. Quand on a grandi aux pieds du Mont Blanc, on n'est pas homme &#224; se laisser rebuter par les obstacles m&#234;me les plus grands. En avant donc ! Une premi&#232;re halte apr&#232;s une marche de 20 kms , c'est 4 heures. Nous entrons dans un &#171; Kafana &#187; o&#249; nous sommes re&#231;us comme des amis par une demi-douzaine de popes (pr&#234;tres bulgares) attabl&#233;s devant un grand pot de vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vous formalisez pas, c'est chose re&#231;ue ici. Le pope se voit plus souvent au cabaret qu'&#224; l'&#233;glise. Ils nous font f&#234;te et nous servent &#224; chacun un bon rafra&#238;chissement. Voil&#224; donc l'union des Eglises ? me direz-vous.. Tout doux, mes amis, une telle union ciment&#233;e autour d'une bouteille n'est pas faite pour durer. L'heure tardive et la longueur de la route nous obligent &#224; prendre cong&#233; de nos aimables h&#244;tes. Ils nous confient &#224; un maire de village qui se charge de nous indiquer le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Notre guide : le type achev&#233; du Mac&#233;donien &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre guide est le type achev&#233; du Mac&#233;donien : petit, trapu, le regard franc et profond, la t&#234;te hirsute, point embarrass&#233; de gestes gracieux et de sourires aux contours grimaciers. &lt;br class='manualbr' /&gt;Tout en nous parlant il fait tournoyer , avec la longue chaine qui le retient, un &#233;norme couteau qu'il tire et remet sans cesse dans sa gaine , entre la molleti&#232;re et le mollet. Il est all&#233; chez le pr&#233;fet , lui exposer sans ambages :&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Notre village est tr&#232;s pauvre et vous lui faites payer trop d'imp&#244;ts
Il faut les diminuer. &#187; &lt;/em&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et le pr&#233;fet conquis par ses bonnes raisons autant que par son franc parler, lui a donn&#233; gain de cause. Il s'en revient donc heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Des brigands qui se laissent attendrir &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En passant pr&#232;s d'un petit bois , il nous conte qu'ici m&#234;me, il y a peu de temps, une bande de &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; komitadjis &#187;&lt;/em&gt; surprit un attelage conduit par un jeune homme. R&#233;volver au point, les bandits oblig&#232;rent celui-ci &#224; leur remettre les 800 Napol&#233;on-or qu'il avait re&#231;u de son p&#232;re pour ses noces. Et le jeune homme de se lamenter et de s'arracher les cheveux. Les &#171; komits &#187; lui demande la raison de tant de larmes. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Je vais &#224; Monastir pour y c&#233;l&#233;brer mes noces et je n'ai plus de Napol&#233;ons pour les faire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Il fallait nous le dire ! &#187; reprennent les brigands et de suite ils lui en rendent 200. &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Accueillis chez le maire du village &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous arrivons bient&#244;t au village de notre maire et comme on n'y peut trouver ni auberge ni rien de semblable nous sommes fort contents d'accepter la pressante invitation qu'il nous fait de passer la nuit chez lui. C'est nuit noire. La femme du maire et ses enfants viennent au-devant de nous et, &#224; la lumi&#232;re d'une bougie, d&#233;visagent ces deux &#171; popes &#187; fran&#231;ais . L'homme leur dit un mot et la glace est rompue. Suivis de toute la maisonn&#233;e nous montons au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; &#233;tage ; au rez-de-chauss&#233;e sont les &#233;curies et la grange. Nous sommes introduits dans la plus belle pi&#232;ce de la maison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Figurez-vous une boite cubique de trois m&#232;tres de c&#244;t&#233;, perc&#233;e d'une seule ouverture de la dimension d'un vasistas. Les murs et le plancher sont cr&#233;pis &#224; la terre glaise brass&#233;e avec des bouts de paille qui scintillent &#224; la lueur vacillante d'une veilleuse. Pour tout ameublement, un si&#232;ge construit avec une souche d'arbre deux fois recourb&#233;e en angles droits. Je m'y installe pendant que mon compagnon, vieille barbe turque, croise les jambes &#224; m&#234;me le sol. Nous sommes chez le Maire !&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;L'esprit de l'Evangile&#8230; - Le souper. &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous venons de faire 25 Kms et , quoique missionnaires, nous n'avons pas de beaux pieds. Nous n'osons pas cependant manifester notre d&#233;sir de peur de mettre dans l'embarras notre pauvre homme &#224; cette heure avanc&#233;e surtout. Mais voil&#224; qu'il a sembl&#233; nous deviner et il nous quitte quelques instants. Il reparait portant &#224; la main gauche le plus beau vase sans doute de la maison, &#224; la main droite une aigui&#232;re pleine d'eau et sur le bras son plus bel essuie-main. Il d&#233;pose le plat &#224; terre, plie ses genoux, retrousse ses manches et se dispose &#224; nous laver les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon compagnon qui re&#231;oit les honneurs est suffoqu&#233; d'&#233;tonnement et se r&#233;crie bien haut comme Saint Pierre : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Non, non jamais vous ne me laverez les pieds &#187; &lt;/em&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Le maire insiste et ne c&#232;de enfin que devant les v&#233;h&#233;mentes protestations de mon confr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se retire et va donner des ordres &#224; sa femme pour le souper. Nous le supplions de ne rien nous pr&#233;parer , nos pri&#232;res ne font que le convaincre dans son dessein. Et pour bien faire toute chose, il va qu&#233;rir au village un de ses amis qui parle fran&#231;ais ou du moins qui l'a parl&#233;, car malgr&#233; tous ses efforts il ne parvient pas &#224; se faire comprendre m&#234;me en style s&#233;n&#233;galais. Nous lui faisons tout de m&#234;me nos compliments, ce dont il se montre tr&#232;s fier.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Le souper est pr&#234;t &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La ma&#238;tresse apporte de la cuisine une petite table ronde, haute de 20 centim&#232;tres. Le couvert est vite mis : un coup de torchon pour enlever la terre qui s'y est coll&#233;e, et c'est tout. Le maire nous invite &#224; approcher. J'abandonne ma position d' &#233;quilibriste et tous assis &#224; la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; turca &#187;&lt;/em&gt; se range &#224; qui mieux mieux autour du gu&#233;ridon. On commence par faire circuler une petite fiole de raki (eau-de-vie) Le jus s'en exprime en su&#231;ant un biberon de bois qui ferme le goulot. Ne faisons pas les d&#233;licats ; l'alcool d'ailleurs purifie tout.. La femme du maire rentre , portant une volumineuse po&#232;le qu'elle d&#233;pose sur la table dont elle occupe toute la surface.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Une attrayante sauce rouge &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile donc de recommander de ne pas mettre les coudes sur la table. Pendant que l'h&#244;tesse tient le queue de l'ustensile encombrant afin qu'il ne bascule pas, nous nous attaquons &#224; l'aide de petites tranches de pain au mets app&#233;tissant, envelopp&#233; dans une attrayante sauce rouge. Mal nous en prit car le &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; piperka &#187;&lt;/em&gt; (piment) dont la sauce est satur&#233;e , ne se laisse pas impun&#233;ment toucher par une bouche europ&#233;enne. Tout en faisant le tour du palais, il met le feu partout et c'est un feu qui dure. Ainsi nous f&#238;mes gu&#232;re honneur au plat, et pour masquer notre jeu , nous nous r&#233;gal&#226;mes du bon pain de ma&#239;s, lourd comme pierre. On fit encore passer la petite fiole et l'interpr&#232;te s'excusant, se retira.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Deux magnifiques couvertures &#8230; &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Maire s'aper&#231;ut enfin de notre besoin de sommeil et nous apporta deux magnifiques couvertures faites avec la toison de brebis. Nous nous enveloppons dans la laine moelleuse et nous nous &#233;tendons sur le sol. Le maire voulut assister lui-m&#234;me &#224; notre coucher. Je ne sais pas s'il connaissait les coutumes de la cour du Roi de France qui n'admettaient au coucher que les plus hauts dignitaires ; en tout cas il se montra fort satisfait et nous souhaita bonne nuit avec mille r&#233;v&#233;rences. Notre couche plut&#244;t dure n'eut point convenu sans doute aux habitu&#233;s du matelas, mais la fatigue avait &#233;t&#233; si grande que nous dormions les poings ferm&#233;s et que le soleil trouva nos paupi&#232;res encore appesanties.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Comment t&#233;moigner notre reconnaissance ? &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vite nous secouons notre torpeur car il nous reste encore 60 Kms &#224; parcourir. Nous assistons au repas matinal selon tout le c&#233;r&#233;monial du souper. Le piperka revient &#224; l'honneur mais comme on avait remarqu&#233; notre m&#233;fiance &#224; son &#233;gard, on nous servi ensuite une grande terrine de cr&#232;me. Ce qui est excellent n'a pas besoin de r&#233;clame ! Aussi nous est offert sans fa&#231;on ce r&#233;gal exquis. Comment maintenant t&#233;moigner notre reconnaissance &#224; nos h&#244;tes si g&#233;n&#233;reux ? Leur faire accepter un petit don ; il n'en faut point parler. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; L'hospitalit&#233; ne se paie pas ! &#187;&lt;/em&gt;
r&#233;pond le mac&#233;donien. Il nous souvient alors que nous avons dans notre sac une tablette de chocolat. Pour s&#251;r , jamais les marmots qui nous entourent n'ont go&#251;t&#233; pareille gourmandise. La tablette est aussit&#244;t r&#233;partie avec un petit morceau de pain blanc. La maison est en f&#234;te et chacun de se montrer bruyamment son petit lot , mais le plus heureux est celui &#224; qui &#233;chut l'image r&#233;clame.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Le retour &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous partons enfin. Le maire nous oblige &#224; prendre une bonne provision d'&#339;ufs ; il harnache deux chevaux et veut nous accompagner. Nous n'arrivons pas &#224; l'en dissuader et de force il nous fait monter. Nous cheminerons ainsi deux heures &#224; travers les sentiers pierreux. Le marmot qui a re&#231;u l'image a voulu nous suivre. Il serre son pr&#233;cieux tr&#233;sor sur la poitrine quand, par inadvertance, il le laisse choir ; le vent l'emporte sur les rochers escarp&#233;s qui nous entourent . Les pleurs du marmot ne s'arr&#234;teront que lorsqu'il aura pu r&#233;cup&#233;rer l'objet de sa joie. C'est ainsi que dans ce monde, le bonheur est chose relative&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s au col de la montagne qui nous cachait le chemin du retour , nous pri&#226;mes notre brave homme de ne pas s'&#233;loigner davantage. Il nous indique la route &#224; suivre et les villages o&#249; nous devions faire &#233;tape et ne se s&#233;para de nous qu'avec regret. Il voulut m&#234;me que son &#171; poliak &#187; (garde champ&#234;tre) nous conduisit jusqu'au bas de la pente.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Pourquoi tant de d&#233;licatesse &#8230; ? &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, me direz-vous, pourquoi tant de pr&#233;venances, tant de d&#233;licatesses chez un Mac&#233;donien, &#224; l'ext&#233;rieur si rustre ? C'est que ces paysans ont dans les veines le plus pur sang chr&#233;tien des premiers &#226;ges. Ils poss&#232;dent intacte la foi de leurs a&#239;eux que St Paul &#233;vang&#233;lisa. Et ni les Turcs, ni le schisme n'ont pu &#233;teindre en eux cette flamme de la charit&#233; que J&#233;sus vint allumer parmi les hommes. C'est dire de quelles esp&#233;rances l'Eglise pourra se flatter quand elle aura rang&#233; sous sa houlette tous ces pays de foi que des guides pervers &#233;garent encore loin d'elle. Les Fr&#232;res Maristes peuvent en t&#233;moigner par les deux Fr&#232;res mac&#233;doniens ( morts en 1980 : F. &lt;strong&gt;Pierre Vourgouronis&lt;/strong&gt; &#224; Ath&#232;nes et F. &lt;strong&gt;Thomas Miskovic&lt;/strong&gt; &#224; Varennes) que la Province d'Orient est fi&#232;re de pr&#233;senter &#224; tout l' Institut. Ils sont dignes de notre V.P. Champagnat et font, au dire des Sup&#233;rieurs, le charme de tous nos confr&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;F. P. E. (Paul Emile)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://bmehafms.fr/A-Pfleger-Gardes-par-des-comitadjis.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Lire plus ? &#171; Gard&#233;s par des comitadjis &#187; &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; par &#171; Le Petit Juv&#233;niste &#187; de mars-avril 1935. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il a &#233;t&#233; repris dans les M&#233;moires de fr Hilaire D&#233;traz&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Danses mac&#233;doniennes</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Danses-macedoniennes.html</link>
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		<dc:subject>Yougoslavie</dc:subject>
		<dc:subject>culture - arts</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au village de Boujovo, par une belle soir&#233;e de mardi de P&#226;ques.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le P&#232;re J&#8230;, qui se destine un jour &#224; parcourir le monde dans ses voyages apostoliques , ne sera, peut-&#234;tre, pas m&#233;content de venir aujourd'hui en Mac&#233;doine, dans cette laborieuse Mac&#233;doine qui se rel&#232;ve si vite des ravages de la domination turque. Il est vrai que je veux l'y mener voir danser les gens. &lt;br class='manualbr' /&gt;Mais qu'il se rassure vite, il n'aura pas &#224; rougir du spectacle. Les m&#339;urs simples de nos villageois de Mac&#233;doine sont encore chr&#233;tiennes et s'ils sont schismatiques sans le savoir d'ailleurs, ils ressemblent fort aux braves gens des bonnes campagnes fran&#231;aises. On peut se m&#234;ler &#224; eux sans danger.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000ff&#034;&gt; &lt;strong&gt;Au village de Boujovo, par une belle soir&#233;e &lt;br class='manualbr' /&gt;de mardi de P&#226;ques &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montons donc, par cette belle soir&#233;e de mardi de P&#226;ques, jusqu'au village de Boujovo, perch&#233; surs les contreforts du P&#233;risteri , massif que connaissent bien tous les anciens poilus du secteur de Monastir. Tous les gens du village sont r&#233;unis sur la petite place publique. Chacun est en habit de f&#234;te. C'est P&#226;ques, chacun , abordant ses amis, a r&#233;p&#233;t&#233; joyeusement : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le Christ est ressuscit&#233; ! &#187;&lt;/em&gt; et , pendant trois jours, au sortir du Car&#234;me rigoureusement observ&#233;, on se r&#233;jouit en commun, vivant d'agneau r&#244;ti, par&#233; de ses plus beaux atours et tournant en cadence au son de la cornemuse.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000ff&#034;&gt; &lt;strong&gt;Chaque village a son costume traditionnel &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chaque village ayant son costume traditionnel , tous sont habill&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on. Voyez ces paysannes : un linge blanc leur sert de coiffure, deux bouts sont nou&#233;s sous le menton et en arri&#232;re, le bout le plus long enveloppe les tresses de cheveux auxquelles pendent des pi&#232;ces de monnaie. Comme robe, elles ont une tunique de laine blanche orn&#233;e de parements de couleur, par-dessus une sorte de dalmatique &#233;galement de laine et bord&#233;e de larges galons multicolores et enfin un tablier rouge sombre &#224; dessins uniformes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les filles sont t&#234;te nue, mais exactement habill&#233;es , m&#234;me les toutes petites, comme leurs a&#239;eules.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les hommes montrent plus de vari&#233;t&#233;s : il est vrai , nos affreux habits d'occident les envahissent mais beaucoup conservent encore leurs anciens usages. Ils ont une tunique blanche qui s'arr&#234;te aux genoux, les jambes gu&#234;tr&#233;es, une sorte de justaucorps sans manche et une toque noire sur la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000ff&#034;&gt; &lt;strong&gt;Tous se tiennent par la main&lt;br class='manualbr' /&gt;et forment un long ruban circulaire &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous se tenant par la main, forment un long ruban circulaire qui avance vers la droite &#224; pas menus, tant&#244;t &#233;gaux, tant&#244;t multipli&#233;s, comme dans une musique o&#249; les croches se m&#234;lent aux noires. Le rythme est assez lent et une cornemuse plac&#233;e au centre donne la cadence avec ses ritournelles monotones. &lt;br class='manualbr' /&gt;En t&#234;te du ruban sont les hommes dont le premier fait des gambades rythm&#233;es. Apr&#232;s les hommes viennent les femmes, en commen&#231;ant par les plus &#226;g&#233;es et le long serpent tourne sur lui-m&#234;me, tourne sans se lasser. De temps en temps , un arr&#234;t de la musique donne &#224; quelques figurants l'occasion de se retirer. D'autres les remplacent aussit&#244;t et la ronde reprend de plus belle. L'ensemble est plut&#244;t d'une gravit&#233; de procession religieuse. D'ailleurs pas un cri, pas un geste, pas m&#234;me un sourire et personne d'attabl&#233; alentours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les danseurs sont emmitoufl&#233;s dans leurs costumes de laine, alourdis de broderies raides, le ronde campagnarde a des allures pesantes. Les femmes surtout ont l'air de glisser toute rondes sans aucun mouvement, sauf celui de leurs pieds agiles. Par intervalles, au gr&#233; du rythme, quelques pas en arri&#232;re font subitement comme gonfler le cercle qui se retr&#233;cit et reprend sa marche cadenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000ff&#034;&gt; &lt;strong&gt;Tout le village tourne sans arr&#234;t &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est ainsi durant des heures. Depuis le matin jusqu'&#224; la nuit, sauf pendant le temps des offices et du d&#238;ner , tout le village tourne sans arr&#234;t sous les yeux des vieux et des vieilles rang&#233;s le long du mur ensoleill&#233;. Ni les danseurs ne se lassent de tourner, ni les spectateurs de les regarder. &lt;br class='manualbr' /&gt;C'est &#224; n'y pas croire, mais voil&#224; des si&#232;cles que cela dure et chaque ann&#233;e la ronde reprend aux f&#234;tes de P&#226;ques dans tous les villages des Balkans. Demain d'ailleurs, les habits somptueux seront replac&#233;s au fond des coffres d'o&#249; ils ne sortent qu'aux grands jours. Chacun reprendra la pioche ou la charrue et ce sera fini pour longtemps de tourner en rond au clair soleil d'avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! heureux le temps o&#249; dans la vieille France sur le pont d'Avignon tout le monde aussi dansait en rond, des danses honn&#234;tes qui, comme celles de nos chr&#233;tiens d'Orient, peuvent encore servir de r&#233;jouissances pascales.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Chancondyle, pseudonyme du C.F. Jean Emile&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;a href='https://bmehafms.fr/Une-coutume-serbe-la-slava.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Lire plus ? : Une coutume serbe &#171; La Slava &#187;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; par &#034;Le Petit Juv&#233;niste de nov-d&#233;c. 1923. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il a &#233;t&#233; repris dans les M&#233;moires de fr Hilaire D&#233;traz&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Les grandes bless&#233;es. &#8211; L'Ecole fran&#231;aise de Monastir . &#187;</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Les-grandes-blessees-L-Ecole-francaise-de-Monastir.html</link>
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		<dc:date>2006-06-18T15:27:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Yougoslavie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Article publi&#233; par le grand quotidien l'ECHO DE PARIS du 24 Juillet 1922, sous le double titre : &#171; Les grandes bless&#233;es. &#8211; L'Ecole fran&#231;aise de Monastir . &#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; Sous le double Titre : &#171; Les grandes bless&#233;es. &#8211; L'Ecole fran&#231;aise de Monastir . &#187; Le grand quotidien l'ECHO DE PARIS du 24 Juillet, publiait l'article suivant :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France , il y a quelques mois, acclamait et f&#234;tait ses enfants les plus m&#233;ritants .&lt;br class='manualbr' /&gt;( Allusion &#224; une distribution fort importante de prix aux &#171; Filles les plus m&#233;ritantes &#187; de France)&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce n'&#233;tait que justice. Je voudrais aujourd'hui pr&#233;senter aux lecteurs de &lt;strong&gt;l'Echo de Paris&lt;/strong&gt; une autre fille de France , bien m&#233;ritante, je m'en porte garant, malheureuse aussi : on en jugera. Il s'agit non plus d'une jeune fille de chez nous, soutenant de son travail vieux parents et petits fr&#232;res, mais d'une ECOLE qui nourrit l&#224;-bas le bon renom de la Patrie, l'amour de notre culture er de notre langue, &#224; qui la France doit d'&#234;tre mieux connue , plus aim&#233;e, un peu plus grande. &#171; L&#224;-bas &#187; c'est &lt;strong&gt;MONASTIR&lt;/strong&gt;, le Monastir des communiqu&#233;s de la grande guerre, un des postes avanc&#233;s de la civilisation fran&#231;aise en Serbie. L'histoire de cette &#233;cole , de sa fondation , de ses malheurs , de son courage quand m&#234;me M&#233;rite d'&#234;tre cont&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;cole de Monastir, sa fondation, ses malheurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est en &lt;strong&gt;1905&lt;/strong&gt; qu'une petite colonie de Fr&#232;res Maristes s'&#233;tablit &#224; Monastir. Il s'agissait pour eux de prendre en main la direction d'une &#233;cole fran&#231;aise qui v&#233;g&#233;tait. &lt;br class='manualbr' /&gt;La situation &#233;tait difficile dans cette Mac&#233;doine occidentale o&#249; tant d'influences, servies par de grosses ressources, se disputaient une client&#232;le &#233;coli&#232;re avide de s'instruire. Pauvres d'argent mais riches de courage et de d&#233;vouement, les Petits Fr&#232;res de Marie s'install&#232;rent tant bien que mal . Pour attirer dans leur ch&#232;tive &#233;cole , ils n'avaient qu'un avantage : celui d'&#234;tre fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vint &#224; eux comme on vient &#224; la France partout o&#249; elle se montre. Ils avaient d&#233;but&#233; avec 40 &#233;l&#232;ves ; d'ann&#233;e en ann&#233;e le nombre s'accrut , si bien qu'en 1910, il fallut songer &#224; doubler le premier local devenu trop &#233;troit d'une construction nouvelle qui permit &#224; l'&#233;cole fran&#231;aise de faire figure aupr&#232;s des &#233;coles isra&#233;lite et ottomanes. A mesure qu'elle se remplissait , l'&#233;cole relevait son niveau. On y ajoutait une biblioth&#232;que scolaire, un cabinet de physique et chimie, si bien que l'&#233;cole fran&#231;aise ne tarda pas &#224; attirer , apr&#232;s les petits &#233;coliers , de grands jeunes gens d&#233;sireux de se perfectionner dans l'&#233;tude des sciences et la connaissance de notre langue. La petite &#233;tincelle &#233;tait devenue un foyer :il rayonnait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La guerre survint et, avec elle bient&#244;t, l'occupation bulgare.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Elle devait durer un an. Dans l'&#233;cole fran&#231;aise tout fut mis au pillage. Les batiments du moins restaient intacts ; mais les bombardements qui suivirent l'entr&#233;e de nos troupes dans Monastir lib&#233;r&#233;e les &#233;prouva cruellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi , quand en juillet 1919, le Directeur de l'&#233;cole, d&#233;mobilis&#233;, vint juger de la situation, il la crut d&#233;sesp&#233;r&#233;e. Il devait apprendre que partout o&#249; ils se trouvent, nos poilus r&#233;alisent des merveilles. C'en fut une que de remettre en &#233;tat les ruines de l'&#233;cole. En octobre trois chambres avaient pu &#234;tre rendues &#224; peu pr&#232;s habitables : les classes s'y rouvrirent. En septembre 1920, les b&#226;timents, gr&#226;ce au concours de l'arm&#233;e, &#233;taient suffisamment r&#233;par&#233;s pour permettre le fonctionnement normal de l'&#233;cole. Ce n'&#233;tait pas la prosp&#233;rit&#233; d'avant guerre mais une ann&#233;e paisible semblait promettre le renouveau. Et l'ann&#233;e 1921-22 s'annon&#231;ait meilleure encore lorsqu'un terrible accident vint r&#233;duire &#224; n&#233;ant tous ces espoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'explosion du d&#233;p&#244;t de munition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 18 avril 1922, une s&#233;rie d'explosions formidables d&#233;truisaient l'immense d&#233;p&#244;t de munitions accumul&#233;es aux portes de la ille. Pendant deux jours des d&#233;tonations effrayantes se succ&#233;d&#232;rent accompagn&#233;es d'une avalanche d'obus et de torpilles qui ravagea tout le quartier o&#249; se trouvait l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par bonheur le personnel put fuir &#224; temps et fut &#233;pargn&#233;. Mais quand, apr&#232;s deux jours de transes pass&#233;s dans un g&#238;te de hasard, les professeurs purent, sans courir trop de risques, rentrer en ville, un spectacle douloureux les attendait. La ch&#232;re &#233;cole n' &#233;tait plus qu'une ruine lamentable. Portes arrach&#233;es, fen&#234;tres enfonc&#233;es, cloisons fendues et disloqu&#233;es, toiture crev&#233;e, monceaux de platras Tomb&#233;s des plafonds ou d&#233;tach&#233;s des murailles : tel &#233;tait le triste bilan de ce nouveau bombardement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres auraient d&#233;sesp&#233;r&#233;. Mais les t&#233;moins de ce d&#233;sastre &#233;taient des v&#233;t&#233;rans de la guerre : ils avaient vu d'autres ruines. Avec le courage et l'industriosit&#233; rapport&#233;s du front, ils se mirent &#224; la t&#226;che. Le soldat a toujours &#233;tait un peu terrassier et le missionnaire quelque peu ma&#231;on ou charpentier. On reprit la pelle, le marteau , la truelle, le rabot. Trois jours de travail acharn&#233; suffirent aux r&#233;parations les plus urgentes. Quand les crevasses du toit furent &#224; peu pr&#232;s bouch&#233;es, les portes remises en place, les fen&#234;tres rafistol&#233;es, un &#233;criteau clou&#233; sur la porte annon&#231;a la bonne nouvelle :&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; La rentr&#233;e du troisi&#232;me trimestre aura lieu le lundi 24 Avril. &#187;&lt;/em&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;En ville, la nouvelle fit tra&#238;n&#233;e de poudre : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Ces Fran&#231;ais ! disait-on, Ils n'ont pas leurs pareils ! Le ciel pourrait tomber qu'ils trouveraient le moyen de la remettre en place. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A la guerre comme &#224; la guerre !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la guerre comme &#224; la guerre ! On l'avait si souvent r&#233;p&#233;r&#233; pendant cinquante et un mois, qu'on s'en souvenait encore apr&#232;s la paix. On s'arrangea donc dans ce mis&#233;rable provisoire et , &#224; force d'ing&#233;niosit&#233; et de privations, on arriva &#224; finir l'ann&#233;e. Aux vacances il fallut cependant songer &#224; de s&#233;rieuses r&#233;parations : elles engloutirent et au-del&#224; les maigres &#233;pargnes de l'&#233;cole. Un moment on avait caress&#233; l'espoir bien l&#233;gitime d'une indemnit&#233; de l'Etat Serbe. A deux reprises des commissions s'&#233;taient transport&#233;es sur les lieux et avaient noirci du papier . C'est tout ce qu'on en vit. Quand le Directeur se pr&#233;senta au guichet, ce fut pour apprendre que les caisses &#233;taient vides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut cependant que l'&#233;cole vive,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut cependant que l'&#233;cole vive, que cette petite flamme fran&#231;aise , qui brillait l&#224;-bas si active, si lumineuse, ne soit pas &#233;touff&#233;e par les ruines. Il faut pourvoir aux r&#233;parations encore inachev&#233;es. Il faut renouveler le mobilier scolaire, regarnir la biblioth&#232;que, remonter le cabinet de physique et de chimie. Il faudrait m&#234;me pouvoir acqu&#233;rir un bout du champ voisin qui donnerait aux &#233;coliers un peu plus d'espace pour leurs jeux. Il faut&#8230;, il faudrait. L'urgent et le d&#233;sirable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour assurer le pr&#233;sent et l'avenir d'une &#339;uvre si riche de promesses , que faire quand on a que des dettes ? Lorsqu'il ne s'agit que d'eux-m&#234;mes , les missionnaires ne se r&#233;signent pas &#224; tendre la main : comme ils ont la pudeur de leur h&#233;ro&#239;sme, ils ont la fiert&#233; de leur d&#233;tresse. Mais quand il s'agit d'une &#339;uvre qui peut tant faire pour le bon renom de la France parmi les enfants de ces Serbes h&#233;ro&#239;ques, nos compagnons d'armes pendant la guerre, il est naturel qu'&#224; ceux qui se sont faits les ouvriers de cette t&#226;che vienne cette pens&#233;e : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; C'est &#224; la France de nous aider. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; Louis Jalabert&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S.- Les offrandes peuvent &#234;tre envoy&#233;es au signataire de ces lignes&lt;br class='manualbr' /&gt;5, place du Pr&#233;sident-Mithouard, Paris 7&#176;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ou vers&#233;es &#224; mon compte courant postal , Paris, 155.55&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; par &#034;Le Petit Juv&#233;niste de mai-juin 1923, p. 357. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il a &#233;t&#233; repris dans les M&#233;moires de fr Hilaire D&#233;traz&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La catastrophe de Monastir</title>
		<link>https://bmehafms.fr/La-catastrophe-de-Monastir.html</link>
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		<dc:date>2006-06-17T15:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>
		<dc:subject>Yougoslavie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Explosion d'en d&#233;p&#244;t de munition. Comment il a fallu faire face &#224; la situation. Le r&#233;cit du fr Directeur de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;A Monastir o&#249; si longtemps, pendant la guerre, s'&#233;taient entass&#233;es les munitions de l'arm&#233;e d'Orient, il &#233;tait rest&#233; des stocks importants vendus au gouvernement Serbe. Ces stocks accumul&#233;s pr&#232;s de la gare en dehors de la ville n'en &#233;taient pourtant qu'&#224; une distance de quelques centaines de m&#232;tres. Le 18 avril, Mardi de P&#226;ques, vers 9 h. du matin, commen&#231;a une s&#233;rie d'explosions qui devaient avoir une suite des plus terrifiantes et provoquer, en plus des incendies et des &#233;boulements ordinaires en pareil cas , un grand nombre de morts.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;cit du Fr. Frument J&#233;r&#244;me Fournier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voici le r&#233;cit du Fr. Directeur de notre &#233;cole r&#233;cemment restaur&#233;e : &lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Vers 9 h. du matin, &#233;crit-il, un cr&#233;pitement accompagn&#233; de fum&#233;e nous avertit que le feu venait de prendre dans le d&#233;p&#244;t des munitions du Champ de Mars. Sans trop attacher d'importance &#224; l'incendie , je donnai pourtant l'ordre de tenir toutes les portes et fen&#234;tres ouvertes et chacun continua &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t une secousse tr&#232;s forte accompagnant une terrible explosion vint mettre le voisinage en &#233;moi. Les gens paraissaient inquiets et plusieurs m&#234;me commen&#231;aient &#224; fuir. Vingt minutes ne s'&#233;taient pas &#233;coul&#233;es qu'une nouvelle explosion , moins formidable , cette fois , vint nous secouer comme des feuilles , &#233;branlant notre maison dans tous les sens. En m&#234;me temps , les vitres sautaient en miettes, les portes et fen&#234;tres projet&#233;es, enfonc&#233;es et bris&#233;es joignaient leur tintamarre &#224; celui de la d&#233;tonation. Ajoutez &#224; cela une pluie d'obus s'abattant de partout. Les toits et les plafonds de notre maison en re&#231;urent plusieurs et les planchers furent trou&#233;s en divers endroits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; Dieu, aucun accident de personne ne fut &#224; d&#233;plorer. Des explosions du m&#234;me genre se reproduisant , nous descend&#238;mes sous le pr&#233;au. Nous n'y fumes pas seuls et plusieurs personnes vinrent nous y rejoindre. Nous cr&#251;mes prudent de conduire les enfants que le bruit affolait dans les caves de la Cure et nous all&#226;mes deux chez les S&#339;urs les aider &#224; se r&#233;fugier aussi &#224; la Cure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On se r&#233;fugie dans les villages voisins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vers 4 h. du soir, comme le danger persistait, nous nous d&#233;cid&#226;mes &#224; faire comme une bonne partie de la population et nous part&#238;mes dans les villages voisins pour essayer d'y passer la nuit. Le 19, de bon matin, nous &#233;tions de retour mais , en face la persistance du danger , il fallut reprendre le chemin du village. Le soir &#233;tant revenu, la fr&#233;quence des d&#233;tonations et leur forme ayant diminu&#233; sensiblement, la moiti&#233; de la communaut&#233; se d&#233;cida &#224; rester la nuit &#224; l'&#233;cole. La nuit se passa sans trop de secousses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On se mobilise pour r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin les reste de la communaut&#233; revenant et tout danger imminent semblant &#233;cart&#233;, nous d&#233;cid&#226;mes bravement de nous mettre &#224; r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts r&#233;parables. On monta sur le toit, on s'arma de marteaux , de clous, de tournevis et en trois jours nous avons pu mettre un certain ordre &#224; toutes choses. Il va de soi que les grosses r&#233;parations sont renvoy&#233;es aux vacances. Nous avons surtout balay&#233; les platras, pos&#233; de nouvelles vitres, au nombre de 215 et consolid&#233; portes et fen&#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les Fr&#232;res ont fait preuve , pendant ces jours de r&#233;els dangers, d'un grand sang-froid et je ne sais comment manifester mon admiration pour leur d&#233;vouement &#224; remettre le moins mal possible la maison en &#233;tat de rouvrir ses portes aux &#233;l&#232;ves. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Frument J&#233;r&#244;me Fournier&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ajouter que le Fr&#232;re Directeur, contrema&#238;tre dans une usine pendant la guerre, &#224; la suite de sa blessure , est tout &#224; fait l'homme de circonstance et nul ne doute qu'il ne m&#233;rite tout le premier les compliments.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; ( Cf. Le Petit Juv&#233;niste de sept. 1923, p. 430 )&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une lettre de Monastir (Bitolj)</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Une-lettre-de-Monastir-Bitolj.html</link>
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		<dc:date>2006-06-14T15:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>
		<dc:subject>Yougoslavie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un article du &#171; Petit Juv&#233;niste &#187; (D&#233;c. 1921 p. 119), repris dans les &#171; M&#233;moires &#187; de fr Hilaire D&#233;traz sur l'&#233;cole de Monastir.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://bmehafms.fr/+-Yougoslavie-+.html" rel="tag"&gt;Yougoslavie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; Nous passons maintenant le plume au &lt;strong&gt;&#171; PETIT JUVENISTE &#187;&lt;/strong&gt; revue fond&#233;e et anim&#233;e par le Fr. Germain GODARD , de St Genis, entre les deux guerres 1914-18 et 1939-45&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y lira maints d&#233;tails sur la marche de l'&#233;cole et sur les M&#339;urs mac&#233;doniens&lt;/em&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Nous recevons de Monastir une lettre fort int&#233;ressante , de laquelle nous extrayons ce passage :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Ecole , d&#233;truite pendant la guerre , n'a pas fonctionn&#233; durant quatre ans : les quelques chambres , sous-sols et autres encore habitable ont servi d'ambulance et &#224; divers services durant l'occupation fran&#231;aise. Mais, gr&#226;ce &#224; la bonne volont&#233; des officiers fran&#231;ais , elle a vite &#233;t&#233; r&#233;tablie d&#232;s que la paix a &#233;t&#233; sign&#233;e et le &lt;strong&gt;Fr. Frument J&#233;r&#244;me&lt;/strong&gt; (Fournier) , avec son esprit d&#233;brouillard de bon auvergnat, a su, d&#232;s octobre 1918, attirer l'eau &#224; son moulin, inviter les officiers et obtenir d'eux tout ce qui lui &#233;t&#233; n&#233;cessaire. De sorte que l'Ecole se dresse aujourd'hui au milieu des maisons en ruine aussi belle qu'avant le guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est fr&#233;quent&#233;e par 160 &#233;l&#232;ves dont 2 catholiques ; tous les autres sont juifs (deux cinqui&#232;mes), Serbes, mak&#233;dones surtout. Tous ces enfants sont , en g&#233;n&#233;ral, travailleurs : l'amour du gain en est la principale raison. Entre eux ils font assez bon m&#233;nage, quoique la race isra&#233;lite soit plus d&#233;test&#233;e que les autres. A part une &#233;cole am&#233;ricaine, &#224; la remorque du gouvernement Serbe , nous sommes la seule &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beaucoup de Turcs quittent et vont s'installer &#224; Constantinople&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les autres &#233;coles , grecques, roumaines, bulgares, de m&#234;me que toutes les &#233;glises du m&#234;me rite ont &#233;t&#233; absorb&#233;es par les Serbes. Vous comprenez s'il y en a qui rongent leur frein. C'est le meilleur moyen pour la Serbie d'arriver &#224; enr&#233;gimenter tout le monde et d'en faire un tout compact. Pour les Turcs surtout cela a &#233;t&#233; dur. C'est la leur qui a &#233;t&#233; ferm&#233;e la derni&#232;re. Ils ont essay&#233; de &#171; rousp&#233;ter &#187; mais cela n'a servi &#224; rien. Aussi il y en a beaucoup qui quittent et vont s' installer &#224; Constantinople . Il ne reste ici que les pauvres gueux et ceux qui ont des tchifliks (ferme). Et encore , actuellement , on est en train de les faire danser avec leurs propri&#233;t&#233;s. Toutes celles qui ne sont pas cultiv&#233;es, on les leur supprime et, pour les autres, ils doivent pr&#233;senter leurs titres de propri&#233;t&#233; bien en r&#232;gle. Adieu pour eux la libert&#233; ! et , pour les autres, la loi des minorit&#233;s n'a pas &#233;t&#233; observ&#233;e davantage .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La seule &#233;cole fran&#231;aise de Yougoslavie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Beaucoup de familles enverraient leurs enfants chez nous mais une propagande terrible les en emp&#234;che. Toutefois, peu &#224; peu, cela reviendra et notre &#233;cole , la seule fran&#231;aise de Yougoslavie, revivra les beaux jours d'avant guerre. Surtout que &lt;strong&gt;Monastir&lt;/strong&gt; , c'est le centre de rayonnement de 40 &#224; 50 villages des environs. Chaque Mardi, il y a march&#233; et c'est un coup d'&#339;il unique au monde surtout les jours de f&#234;te, de voir ces bigarrures de costumes. Un jour je me propose bien de photographier le tout , ce sera int&#233;ressant, vous verrez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le front de la guerre de 14/18&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai visit&#233; le front d'un bout &#224; l'autre mais je dois vous dire que dans beaucoup d'endroits il n'y en a plus de trace. Surtout que , depuis un an, on a fait venir des troupes russes de Wranghel pour ramasser ce qui restait de la guerre : fil de fer barbel&#233;, obus, engins divers. Il n'y a gu&#232;re que sur deux ou trois cr&#234;tes , surtout &#224; la c&#244;te 1248, que les tranch&#233;es , cagnas, abris et autres existent encore, ainsi qu'&#224; la cime du P&#233;rist&#233;ri (3840 m.) que l'on peut se rendre compte du travail qui a &#233;t&#233; fait par nos poilus : quantit&#233; de douilles, obus et pi&#232;ces m&#233;talliques s'y trouvent encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nombreux cimeti&#232;res fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici, de l&#224;, on trouve aussi de petits cimeti&#232;res, fran&#231;ais, italiens, mais surtout des premiers. Ce sont les n&#244;tres qui en ont laiss&#233; le plus. On a r&#233;uni autant que possible toutes ces tombes dans deux cimeti&#232;res principaux aux environs de la ville ; mais il y en a encore beaucoup de diss&#233;min&#233;es, perdues &#231;&#224; et l&#224;. Dans un cimeti&#232;re, celui de Monastir, il y a 5000 tombes, &#224; Novak &#224; douze Km d'ici presqu'autant, &#224; Florina &#224; 28 Km d'ici il y en a 12.000 et comptez Salonique 30.000 et quatre ou cinq autres cimeti&#232;res , et vous verrez &#224; peu pr&#232;s combien des n&#244;tres ont laiss&#233; leur peau pour ces braves gens qui s'en montrent plus ou moins reconnaissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nous sommes pour ainsi dire les seuls gardiens de ces tombes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que le gouvernement fran&#231;ais va r&#233;unir toutes ces tombes et faire &#233;lever un monument sur chacune pour perp&#233;tuer la m&#233;moire des h&#233;ros morts ici pour la France. Pour ceux qui en feront la demande , les restes des chers disparus seront rapatri&#233;s ; les inconnus seront dans une fosse commune. Et pour les autres, chacun aura sa tombe. Une commission fran&#231;aise doit venir s'installer ici pour surveiller ce travail. Nous sommes pour ainsi dire les seuls gardiens de ces tombes, et bien souvent je suis oblig&#233;, pour consoler des parents, d'envoyer la photographie de la tombe de leur fils ou &#233;poux reposant ici de leur dernier sommeil, sur cette terre &#233;trang&#232;re..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souvenir fran&#231;ais n'est pas pr&#234;t de s'&#233;teindre dans ces populations o&#249; les n&#244;tres ont v&#233;cu trois ann&#233;es cons&#233;cutives et je dois vous dire que , gr&#226;ce &#224; cela, nous sommes tr&#232;s bien vus. Quand nous allons dans les villages, on s'empresse autour de nous, on est fier de nous montrer des fontaines et autres travaux faits par les n&#244;tres, les cadeaux qu'ils ont laiss&#233;s un peu partout et beaucoup sont fiers de nous parler fran&#231;ais .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Fran&#231;ais ont laiss&#233; un bon souvenir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier m&#234;me , quelle n'a pas &#233;t&#233; notre surprise d'entendre appeler un chien qui arrivait sur nous : &#171; Lion, viens ici ! &#187; avec un accent plus agr&#233;able que l'accent marseillais. Oui nous avons laiss&#233; un bon souvenir ici et tous regrettent que nous soyons partis et que nous ayons laiss&#233; le pays entre les mains des possesseurs actuels. Tous portent encore culottes, godillots, calots et autres parties d'habillement ; du reste, les plus beaux et les plus solides habits viennent des fran&#231;ais. Quel gaspillage il a &#233;t&#233; fait ici, comme ailleurs, h&#233;las !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cimeti&#232;res sont entretenus par la ville et ils sont assez respect&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le 11 Novembre , nous avons eu un service de Requiem o&#249; toutes les autorit&#233;s civiles et militaires &#233;taient pr&#233;sentes et une grande partie de la population aussi, si bien que notre modeste mais charmante &#233;glise pour 50 personnes assises regorgeait de gros bonnets et la place manquait litt&#233;ralement. Les cimeti&#232;res sont entretenus par la ville et ils sont assez respect&#233;s. Hier , anniversaire de la prise de Monastir , toute la ville s'est port&#233;e vers le cimeti&#232;re fran&#231;ais o&#249; reposent pas mal de Serbes , et une magnifique couronne a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien la France qui est la plus aim&#233;e par ces gens. C'est vraiment dommage que nous ne sachions pas entretenir cet amour et en profiter davantage. C'est &#233;c&#339;urant de voir comment les Anglais et les Am&#233;ricains savent se faufiler et s'implanter &#224; nos d&#233;pens et par des moyens qui nous r&#233;pugneraient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, assez pour cette fois. La prochaine je vous d&#233;crirai les m&#339;urs les plus typiques des gens du pays, je prendrais des renseignements et des photos &#224; l'appui qui viendront &#233;gayer mon texte un peu sec&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Monastir , 23 novembre 1921 &lt;br class='manualbr' /&gt;Fr. Joseph Andr&#233; Vial&lt;br class='manualbr' /&gt;( Cf. &#171; LE PETIT JUVENISTE &#187; , D&#233;c. 1921 p. 119)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Belgrade en Yougoslavie</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Belgrade-en-Yougoslavie.html</link>
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		<dc:date>2006-02-25T16:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>
		<dc:subject>Yougoslavie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La cr&#233;ation du royaume de Yougoslavie - Belgrade et son histoire&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;( Pour ne pas &#233;garer nos lecteurs, nous avons conserv&#233; les NOMS anciens des Villes. Voici quelques appellations nouvelles : BITOLJ (Monastir) &#8211; DUBROVNIK (Raguse) &#8211; LJUBLIANA (Laybach) &#8211; ZAGREB (Agram), etc&#8230;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Le royaume de Yougoslavie, une cr&#233;ation r&#233;cente &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Royaume de YOUGOSLAVIE , form&#233; &lt;strong&gt;apr&#232;s la guerre de 1914-18&lt;/strong&gt;, par l'union des Slaves du Sud du Danube, est constitu&#233; d'un certain nombre d'Etats. &lt;br class='manualbr' /&gt;La Serbie et le Montenegro &#233;taient ind&#233;pendants, les autres &#233;taient sous domination Austro-Hongroise :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La &lt;strong&gt;Croatie&lt;/strong&gt; avec Agram pour Capitale, pays particulariste, tr&#232;s vivant, d'une civilisation nationale d&#233;velopp&#233;e ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la &lt;strong&gt;Slov&#233;nie&lt;/strong&gt; dont la Ville principale Laybach avait &#233;t&#233; sous Napol&#233;on la Capitale du royaume d'Illyrie ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la &lt;strong&gt;Bosnie-Herz&#233;govine&lt;/strong&gt; annex&#233;e &#224; l'Autriche dans la derni&#232;re d&#233;cade du XIX&#176; si&#232;cle, avac &lt;strong&gt;Sarajevo&lt;/strong&gt; pour Capitale o&#249; fut assassin&#233; en 1914 le Prince h&#233;ritier d'Autriche, crime qui fut la cause imm&#233;diate du conflit mondial.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La population de treize millions d'habitants environ, est en majorit&#233; de religion gr&#233;co-slave mais un puissant noyau de catholiques est constitu&#233; par les Croates et les Slov&#232;nes et la libert&#233; des Cultes &#233;tant reconnue par la Constitution, le catholicisme trouve dans le royaume de grandes possibilit&#233;s d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vieille Serbie, dans la Capitale, de nombreuses Congr&#233;gations religieuses , parmi lesquelles les &lt;strong&gt;Fr&#232;res maristes&lt;/strong&gt;, travaillent avec succ&#232;s &#224; pr&#233;parer cet avenir. Aussi le &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Petit Juv&#233;niste&lt;/em&gt; est-il heureux de faire conna&#238;tre &#224; ses nombreux lecteurs ce nouveau champ d'action offert aux disciples du V.P. &lt;strong&gt;Champagnat&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;La ville de Belgrade &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BELGRADE est situ&#233; sur un plateau &#233;lev&#233; qui domine la vaste et fertile plaine de la Croatie. Au confluent de deux grands fleuves navigables, la &lt;strong&gt; Save&lt;/strong&gt; et le &lt;strong&gt;Danube&lt;/strong&gt;, Belgrade a jou&#233; jusqu'en 1918 un r&#244;le consid&#233;rable au point de vue historique. Elle a pris depuis la guerre un d&#233;veloppement merveilleux &#224; tel point que ceux qui y reviennent apr&#232;s cinq ou six ans d'absence sont &#233;tonn&#233;s des progr&#232;s r&#233;alis&#233;s durant ce laps de temps, aussi bien du point de vue mat&#233;riel qu'au point de vue intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt; Un peu d'histoire &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au IV&#176; si&#232;cle avant J&#233;sus-Christ, les Celtes &#233;tablirent , lors de leurs invasions dans les Bakhans, un camp retranch&#233; , au lieu dit aujourd'hui &#171; Kalimgdan &#187; qui forme un vaste parc &#224; l'extr&#233;mit&#233; Nord de la Ville. &lt;br class='manualbr' /&gt;Deux si&#232;cles plus tard , les&lt;strong&gt; Yougoslaves&lt;/strong&gt; (Slaves du Sud) envahirent les Balkans et d&#233;nomm&#233;rent ce lieu &lt;strong&gt;Belgrade&lt;/strong&gt; (ville blanche). &lt;br class='manualbr' /&gt;D&#232;s le XI&#176; , la cit&#233; fut une des principales forteresses sur la fronti&#232;re byzantino-hongroise et tomba &#224; plusieurs reprises aux mains de Hongrois ; elle leur appartenait lorsque &lt;strong&gt;Mahomet&lt;/strong&gt; vint s'en emparer en &lt;strong&gt;1456&lt;/strong&gt; et resta sous le joug Turc jusqu'&#224; l'issue de la dure et longue lutte engag&#233;e pour l'ind&#233;pendance de &lt;strong&gt;1804 &#224; 1867&lt;/strong&gt;. Ainsi cette lutte , entreprise par le c&#233;l&#232;bre &lt;strong&gt;Karageorges&lt;/strong&gt;, fondateur de la dynastie actuelle, fit dispara&#238;tre jusqu'aux derniers vestiges de la suzerainet&#233; turque.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt; Belgrade se d&#233;veloppa tr&#232;s peu jusqu'en 1920. &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays ayant d&#251; soutenir plusieurs guerres ruineuses quoique glorieuses , Belgrade se d&#233;veloppa tr&#232;s peu jusqu'en 1920. Ce n'est qu'&#224; partir de la formation de la grande Serbie en Yougoslavie (d&#233;cembre 1918) par la proclamation sur un pied d'&#233;galit&#233; absolue des trois rameaux yougoslaves (Serbes, Croates, Slov&#232;nes) que la Ville a pris son essor. De 50.000 habitants elle a pass&#233; &#224; 250.000 et, au lieu d'une bourgade aux rues &#233;troites et bourbeuses , on trouve aujourd'hui une belle cit&#233; moderne avec de larges art&#232;res , de nombreux parcs et de beaux monuments.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; par &#171; Le Petit Juv&#233;niste &#187; de nov-d&#233;c 1935. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il a &#233;t&#233; repris dans les M&#233;moires de fr Hilaire D&#233;traz&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Visites de personnages &#224; l'Ecole franco-serbe de Beograd (Belgrade)</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Visites-de-personnages-a-l-Ecole-franco-serbe-de-Beograd.html</link>
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		<dc:date>2006-02-25T13:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Histoire de France</dc:subject>
		<dc:subject>Yougoslavie</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire des Fr&#232;res Maristes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une Ecole qui rehaussait l'image que les Yougoslaves se faisaient de la France.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt; Une &#233;cole fond&#233;e sans l'aide de la France &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cette Ecole ne soit redevable de rien &#224; la France puisqu'elle a &#233;t&#233; fond&#233;e sans aucune demande ni intervention des autorit&#233;s fran&#231;aises, les Fran&#231;ais de marque, responsables ou non des affaires publiques, ne manquaient pas l'occasion de rendre visite &#224; une &#339;uvre qui, par sa r&#233;putation, rehaussait l'image que les Yougoslaves se faisaient de la France. Cette r&#233;putation elle l'avait acquise , non pas par les soutiens du Gouvernement, ni par ses Subventions qui &#233;taient plus symboliques que substantielles, mais par le d&#233;vouement, le z&#232;le et le s&#233;rieux de son personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Des remarques acerbes entendues&lt;br class='manualbr' /&gt;au sein du corps professoral &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'&#233;tait d'ailleurs le cas de toutes les &#233;coles religieuses fond&#233;es et dirig&#233;es par les Fr&#232;res et les S&#339;urs qui avaient d&#251; quitter leur pays en 1903. Leur seul droit &#233;tait de r&#233;ussir ; comme la chose se produisait presque toujours, les diplomates et hommes politiques de passage &#233;taient bien oblig&#233;s d'ouvrir leur sac de compliments pour ne pas perdre la face aux yeux des nations &#233;trang&#232;res qui avaient accueilli ces bons serviteurs de Dieu et de la patrie auxquels nos gouvernements sectaires avaient refus&#233; le droit d'enseigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces remarques acerbes &#233;taient courantes dans le corps professoral et se r&#233;p&#232;taient &#224; chaque visite officielle : nous en recevions souvent &#224; B&#233;ograd.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Un wagon pour transporter les cadeaux re&#231;us &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1931&lt;/strong&gt; &#8211; C'&#233;tait &lt;strong&gt;l'Amiral GUEPERATTE&lt;/strong&gt; qui avait command&#233; l'escadre fran&#231;aise en 1916 aux Dardanelles. Il &#233;tait tr&#232;s populaire en Yougoslavie. Les Serbes lui vouaient plus que de la reconnaissance, c'&#233;tait de l'affection ; ils l'appelaient &#171; le papa &#187; ; c'est lui qui en 1915 re&#231;ut &#224; Bizerte les invalides et les malades de la malheureuse arm&#233;e Serbe qui, apr&#232;s sa d&#233;faite, avait battu en retraite dans des conditions effroyables &#224; travers un pays d&#233;pourvu de ressources et par un froid des plus rigoureux , elle avait ainsi travers&#233; toute l'Albanie et avait &#233;chou&#233; dans un &#233;tat pitoyable sur les c&#244;tes de l'Adriatique. &lt;br class='manualbr' /&gt;L'Amiral les traita si bien qu'en peu de temps il en refit une arm&#233;e capable de reprendre sa place sur le front de Salonique. Il re&#231;ut tant de cadeaux pendant sa tourn&#233;e triomphale en Serbie qu'il fallut un wagon pour les emporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1933&lt;/strong&gt; &#8211; C'&#233;tait &lt;strong&gt;Monsieur BARTHOU&lt;/strong&gt;, Ministre des Affaires Etrang&#232;res qui , l'ann&#233;e suivante, fut assassin&#233; aux c&#244;t&#233;s du Roi ALEXANDRE &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1934&lt;/strong&gt; &#8211; Le Recteur de l'Universit&#233; de Paris , &lt;strong&gt;Monsieur CHARLETY,&lt;/strong&gt; ne d&#233;daigna pas de nous faire une visite. Comme il &#233;tait Savoyard , nous lui f&#238;mes entendre, chant&#233; par tous les &#233;l&#232;ves r&#233;unis, le chant des Allobroges . Il ne s'attendait pas &#224; cette surprise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1935&lt;/strong&gt; &#8211; Nous avions la joie de recevoir le &lt;strong&gt;Mar&#233;chal FRNCHEY D'ESPEREY&lt;/strong&gt; , Chef Honoraire de l'Etat Major Yougoslave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1936 -&lt;/strong&gt; Le &lt;strong&gt;G&#233;n&#233;ral GAMELIN&lt;/strong&gt;, Chef d'Etat Major de l'arm&#233;e fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;strong&gt;Fr. Hilaire D&#233;traz&lt;/strong&gt;, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;extraits de ses M&#233;moires (1980)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Depuis quand l'on sonne les cloches &#224; Midi.</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Depuis-quand-l-on-sonne-les-cloches-a-Midi.html</link>
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		<dc:date>2006-02-24T13:31:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Yougoslavie</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le Pape demande prier pour obtenir la victoire sur les Turcs.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Mahomet II assi&#232;ge la ville de Belgrade &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps de l'ann&#233;e &lt;strong&gt;1456&lt;/strong&gt;, Mahomet II qui poss&#233;dait d&#233;j&#224; &lt;strong&gt;Constantinople&lt;/strong&gt; fit d'importants pr&#233;paratifs contre &lt;strong&gt;Belgrade&lt;/strong&gt;. Le Ville avait r&#233;sist&#233; &#224; un premier assaut des Musulmans en &lt;strong&gt;1440 &lt;/strong&gt; gr&#226;ce &#224; l'h&#233;ro&#239;que d&#233;fense organis&#233;e par le Prieur des franciscains du couvent de Vranski , le &lt;strong&gt;P. Ivan Talovatz.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;ril &#233;tait extr&#234;me ; le c&#233;l&#232;bre Chef de l'arm&#233;e &lt;strong&gt;Sibinianin&lt;/strong&gt; pr&#233;para la d&#233;fense , tandis que le Pape &lt;strong&gt;Calixte III&lt;/strong&gt; confia au franciscain italien, &lt;strong&gt;Jean de Capistran&lt;/strong&gt; ( qui fut canonis&#233; au XVIII&#176; si&#232;cle) la pr&#233;dication d'une Croisade contre les &lt;strong&gt;Turcs&lt;/strong&gt;. En un temps relativement court, il rassembla autour de Sibinian pr&#232;s de 70.000 homes. Malheureusement, la plupart n'avaient que des haches et des faux ; toutefois le Saint Religieux leur communiqua son enthousiasme et ils se dirig&#232;rent sur Belgrade avec confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mahomet II&lt;/strong&gt; assi&#233;geait la ville de tous c&#244;t&#233;s avec &lt;strong&gt;150.000 hommes&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;300 canons&lt;/strong&gt; dont 22 &#233;taient d'une grosseur colossale. Sibinian fit monter une partie des Crois&#233;s sur 200 bateaux tandis que le reste de l'arm&#233;e descendait sur la rive droite du fleuve sous la conduite de Jean de Capistran.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Le Pape appelle tous les chr&#233;tiens &#224; prier&lt;br class='manualbr' /&gt;pour le triomphe des arm&#233;es chr&#233;tiennes &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le Pape Calixte III apprit le d&#233;part des Crois&#233;s sur Belgrade, il ordonna &#224; toutes les &#233;glises de sonner &#224; midi pour rappeler aux chr&#233;tiens de prier pour le triomphe des arm&#233;es chr&#233;tiennes. La rencontre des deux flottes eut lieu au confluent de la Save et du Danube ; celle des Turcs, qui avait &#233;t&#233; amen&#233;e de la Mer Noire, fut compl&#232;tement d&#233;faite , ce qui enflamma les Crois&#233;s d'une sainte ardeur, si bien que le combat sur terre, commenc&#233; quelques jours plus tard et qui dura plus de deux jours fut un v&#233;ritable triomphe ; plus de 30.000 ennemis p&#233;rirent. Mahomet II qui avait lui-m&#234;me &#233;t&#233; bless&#233; , abandonna la ville pr&#233;cipitamment en laissant aux chr&#233;tiens un riche butin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvelle de cette grande victoire arriva &#224; Rome le 6 ao&#251;t suivant ; le Pape d&#233;cida qu'&#224; l'avenir on f&#234;terait partout ce jour-l&#224; la Transfiguration de Notre-Seigneur. Quant &#224; la sonnerie des cloches &#224; midi, l'usage s'en est conserv&#233; jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; par &#171; Le Petit Juv&#233;niste &#187; de nov-d&#233;c. 1935 &lt;br class='manualbr' /&gt;Il a &#233;t&#233; repris dans les M&#233;moires de fr Hilaire D&#233;traz&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le catholicisme &#224; Belgrade</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Le-catholicisme-a-Belgrade.html</link>
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		<dc:date>2006-02-23T14:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Histoire de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Yougoslavie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les commencements, la situation &#171; actuelle &#187; (1935)&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand le premier pr&#234;tre catholique arriva &#224; Belgrade comme
missionnaire , il n'y trouva ni chapelle, ni un seul autel ; il d&#251; dire la messe dans une maison priv&#233;e ; c'est dire combien restreint &#233;tait le nombre des catholiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &lt;strong&gt;1857&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;gr&lt;/sup&gt; Strossmayer&lt;/strong&gt;, &#233;v&#234;que de Diacovo en Croatie, fut nomm&#233; Administrateur Apostolique en Serbie. Il b&#226;tit la premi&#232;re chapelle catholique &#224; Belgrade sur les bords de la Save ; elle &#233;tait d&#233;di&#233;e &#224; Saint Joseph. On la transf&#233;ra plus tard dans la ville haute o&#249; elle fonctionna jusqu'en 1888. Cette ann&#233;e-l&#224;, la l&#233;gation Austro-Hongroise construisit dans la rue Krounska , le centre actuel de la Ville, une coquette petite chapelle d&#233;di&#233;e &#224; Saint Ladislas , roi de Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transform&#233;e bient&#244;t en &#233;glise pour tous les catholiques de Belgrade, peu nombreux il est vrai, elle resta sous le protectorat de la Monarchie Austro-Hongroise et avait , de ce fait, un certain caract&#232;re politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite du Concordat sign&#233; avec Rome par le gouvernement Serbe, cette &#233;glise devint ind&#233;pendante de toute tutelle &#233;trang&#232;re et put se d&#233;velopper librement. Un Religieux franciscain, &lt;strong&gt;M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;gr&lt;/sup&gt; Roditch,&lt;/strong&gt; fut nomm&#233; Archev&#234;que catholique de Belgrade en &lt;strong&gt;1924&lt;/strong&gt; et l'unique &#233;glise fut agrandie : on y ajouta un clocher qui re&#231;ut trois cloches et on la dota des premi&#232;res orgues que connut la Serbie . Elle est d&#233;di&#233;e depuis au Christ-Roi&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt; La situation actuelle &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'en 1914 les Catholiques n'&#233;taient que quelques centaines, on en compte actuellement 35.000 formant cinq paroisses bien organis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paroisse du Christ-Roi, desservie par des pr&#234;tres s&#233;culiers ; la paroisse Sainte Marie des RR.PP. Assomptionnistes fran&#231;ais ; la paroisse Saint Antoine des franciscains ; la paroisse des Saints Cyrille et M&#233;thode , confi&#233;e aux Lazaristes et la paroisse Saint Pierre des J&#233;suites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble du Royaume , 45 % de la population est orthodoxe (gr&#233;co-slave), 39 % Catholique et le reste musulman, isra&#233;lite, pa&#239;en ou sans religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, le projet de construction d'une imposante cath&#233;drale est &#224; l'&#233;tude. Pour acc&#233;der au d&#233;sir des autorit&#233;s catholiques , le Roi accorda avec bienveillance l'emplacement o&#249; elle s'&#233;l&#232;vera sur la rive droite du Danube.
Reste &#224; trouver l'argent que n&#233;cessitera une pareille construction. On s'est mis &#224; l'&#339;uvre et l'on pr&#233;pare avec enthousiasme, gage du succ&#232;s, une importante loterie qui fournira, nous voulons l'esp&#233;rer, les millions n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; par &#171; Le Petit Juv&#233;niste &#187; de nov-d&#233;c. 1935 &lt;br class='manualbr' /&gt;Il a &#233;t&#233; repris dans les M&#233;moires de fr Hilaire D&#233;traz&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une coutume serbe : la slava</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Une-coutume-serbe-la-slava.html</link>
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		<dc:date>2006-02-22T15:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Yougoslavie</dc:subject>
		<dc:subject>culture - arts</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La famille enti&#232;re f&#234;te un saint qu'elle a choisi comme protecteur depuis des si&#232;cles.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Disons maintenant un mot d'une des coutumes nationales que les Serbes ont conserv&#233;e avec beaucoup de fid&#233;lit&#233;. Il s'agit de la &lt;strong&gt;SLAVA&lt;/strong&gt; qui date du temps des pa&#239;ens mais qui a &#233;t&#233; transform&#233;e par le christianisme en c&#233;r&#233;monie fort pieuse. C'est la f&#234;te patronymique de la famille, tradition inconnue aux peuples voisins : Grecs , Bulgares ou Roumains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Serbes ne c&#233;l&#232;brent pas , comme nous, la f&#234;te de chaque membre de la famille. Mais la famille enti&#232;re f&#234;te un saint qu'elle a choisi comme protecteur depuis des si&#232;cles. On suppose que cette pratique remonte &#224; l'origine de leur christianisme, et qu'elle perp&#233;tue le souvenir du bapt&#234;me du chef de la famille. Au cours des temps, elle s'est si profond&#233;ment enracin&#233;e dans les m&#339;urs qu'elle est devenue une institution nationale. Son importance est consacr&#233;e par le proverbe suivant : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;&#171; L&#224; o&#249; il y a la Slava, il y a des Serbes &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est cette coutume, si particuli&#232;re aux Serbes, qui leur a servi &#224; r&#233;clamer, comme territoire national, des r&#233;gions de Mac&#233;doine que les Bulgares leur contestaient.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt; Une tradition qui remonterait au IX&#232; si&#232;cle &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La version la plus r&#233;pandue sur l'origine de la slava la fait remonter au IX&#176; si&#232;cle lors du grand mouvement de conversion qui amena le peuple serbe au christianisme. Comme chacune des habitations jusque l&#224; pa&#239;ennes avait un dieu protecteur, il n'&#233;tait pas facile de faire dispara&#238;tre ces divinit&#233;s. On tourna la difficult&#233; en conseillant aux n&#233;ophytes de remplacer l'idole familiale par un saint chr&#233;tien. On en pla&#231;a l'image au m&#234;me lieu dans l'int&#233;rieur de la maison, devant la vielleuse tourn&#233;e vers le soleil levant. Comme les familles &#233;taient alors group&#233;es en communaut&#233;s exploitant un m&#234;me domaine et vivant sous l'autorit&#233; d'un Chef , le Saint choisi par celui-ci fut adopt&#233; par toute la petite tribu. C'est ce qui explique que le nombre de saints dont on fait la slava est fort restreint. Car chaque groupe se d&#233;tachant pour aller fonder un nouveau hameau ou village emportait le culte de la famille primitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve surtout en honneur actuellement les Saints- Nicolas, Michel, Pierre , Georges, Etienne, Alexandre, Jean, Dimitri et Savas. Le Saint le plus r&#233;pandu est St Nicolas que c&#233;l&#232;brent environ 40 pour cent des familles serbes ; aussi une personne de Belgrade ayant quelques relations ne peut gu&#232;re passer ce jour-l&#224; que quelques minutes dans chaque maison, si elle veut faire visite &#224; tous ses amis en f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;La slava se c&#233;l&#232;bre en famille &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Slava se c&#233;l&#232;bre dans la famille : aussi longtemps que les parents sont vivants, les enfants, m&#234;me mari&#233;s, reviennent ce jour-l&#224; au foyer domestique pour honorer en commun leur saint protecteur. Lorsque le p&#232;re sent ses forces d&#233;cliner au soir de sa vie, il r&#233;unit ses enfants et , en leur compagnie, il se rend &#224; l'&#233;glise o&#249; , en pr&#233;sence du pr&#232;tre , se fait la transmission solennelle du droit de c&#233;l&#233;brer la Slava &#224; l'a&#238;n&#233; de la famille. D&#233;sormais il sera le repr&#233;sentant officiel et ce sera dans sa maison que se rassembleront fr&#232;res et s&#339;urs le jour de la slava.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt; Il y a aussi une Slava pour les villages, les &#233;glises &#8230; &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi une Slava pour les villages, les &#233;glises , les monast&#232;res, institutions de tout genre , en particulier les &#233;coles. Les corps de m&#233;tiers ont aussi leur Slava, tels sont les cordonniers, les couturi&#232;res, les gar&#231;ons de caf&#233;, voire m&#234;me les associations de sport ou les soci&#233;t&#233;s joyeuses, comme celle des &#171; 100 Kilos &#187; et autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au village tous les habitants font une procession, avec le pr&#234;tre en t&#234;te, priant Dieu de les prot&#233;ger contre tous les malheurs. Un parrain est choisi pour recevoir la population et il l'accueille comme pour sa propre Slava, sous un arbre, pr&#232;s de la maison, trop petite sans doute pour y faire entrer tout le monde. Cet arbre devient d&#233;sormais sacr&#233;. Personne n'y montera , ni m&#234;me n'en cueillera les fruits, si c'est un arbre fruitier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;giments ont leur Slava, eux aussi. .. La Slava est donc une c&#233;r&#233;monie importante. Elle est c&#233;l&#233;br&#233;e aussi bien dans les villes qu'&#224; la campagne et beaucoup de citoyens la font annoncer dans les journaux ainsi qu'il suit : &#187;Tel jour aura lieu la Slava de Monsieur&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt; Rituel de la C&#233;r&#233;monie - &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici maintenant comment se d&#233;roule la c&#233;r&#233;monie. Il faut un cierge, un G&#226;teau, du vin, de l'encens et des colybes ou m&#233;lange de grains de bl&#233; bouillis saupoudr&#233;s de sucre et garni d'amandes et de petites drag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est pr&#233;par&#233; par les femmes de la maisonn&#233;e. Un des jours qui pr&#233;c&#232;de la c&#233;r&#233;monie, le pr&#234;tre est venu purifier par une aspersion d'eau b&#233;nite les diff&#233;rentes pi&#232;ces de la maison et les membres de la famille. Il a asperg&#233; aussi, par honneur, l'image du Saint Patron. C'est apr&#232;s cela que les femmes se sont mises a confectionner le g&#226;teau rituel et les sucreries. La veille de la f&#234;te , on allume la veilleuse qui restera devant l'image du Saint toute la journ&#233;e et le lendemain encore consacr&#233; &#224; la r&#233;ception des invit&#233;s et des amis.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt; &lt;FONT COLOR=&#034;#0000FF&#034;&gt; &lt;strong&gt;Des f&#234;tes qui durent deux ou trois jours &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin de la Slava , le pr&#234;tre vient b&#233;nir le g&#226;teau plac&#233; pr&#232;s du cierge que le p&#232;re de famille a allum&#233; lui-m&#234;me. Le dessus du g&#226;teau est orn&#233; de dessins et au centre est une croix. Le pr&#234;tre le tient et le fait tourner lentement tout en r&#233;citant les formules de b&#233;n&#233;diction. On coupe alors le g&#226;teau en croix et le pr&#234;tre l'arrose de vin en disant les pri&#232;res de circonstance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'ouverture des f&#234;tes qui durent ordinairement deux ou trois jours. D&#232;s le matin les invit&#233;s et amis affluent. Chacun entre en pronon&#231;ant la formule de souhait de bonne f&#234;te et l'on embrasse le p&#232;re de famille. Les jeunes filles servent alors &#224; tous ceux qui viennent un peu de g&#226;teau et des confitures puis une grande assiette garnie de petites patisseries accompagn&#233;es de liqueurs et enfin de caf&#233;. Ce dernier est le signe que la visite a &#233;t&#233; bien accueillie et que le visiteur peut se retirer librement. Comme ce va-et-vient dure toute la journ&#233;e on comprend que le soir celui qui a fait les honneurs soit &#233;puis&#233; de fatigue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://bmehafms.fr/L-hospitalite-en-Macedoine.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Lire plus ? &#034;L'hospitalit&#233; mac&#233;donienne &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; par &#171; Le Petit Juv&#233;niste &#187; en 1933 &lt;br class='manualbr' /&gt;Il a &#233;t&#233; repris dans les M&#233;moires de fr Hilaire D&#233;traz&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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