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	<title>Carnet de notes de Bernard Meha</title>
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		<title>Carnet de notes de Bernard Meha</title>
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		<title>M&#233;moires de fr Charles Bonnet : l'enfance</title>
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		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand je jette un regard en arri&#232;re, je suis confondu par la mis&#233;ricorde du Seigneur &#224; mon &#233;gard, et surpris de me trouver encore sur terre, alors que tant de mes compagnons ont d&#233;j&#224; quitt&#233; ce monde.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand je jette un regard en arri&#232;re, je suis confondu par la mis&#233;ricorde du Seigneur &#224; mon &#233;gard, et surpris de me trouver encore sur terre, alors que tant de mes compagnons ont d&#233;j&#224; quitt&#233; ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui va suivre est un peu l'histoire d'une pauvre &#226;me que le Seigneur a combl&#233; de ses faveurs, mais qui, bien des fois, l'a oubli&#233; pour prendre sa petite libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233; le &lt;strong&gt;12 juin 1913&lt;/strong&gt; &#224; Bilhac, dans l'un des villages de la commune de POLIGNAC, 7&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; personnage de la lign&#233;e des BONNET. Avant moi, &#233;taient venus au monde 4 gar&#231;ons, dont l'un mort &#224; la naissance, et deux filles. Plus tard, deux gar&#231;ons na&#238;tront encore pour compl&#233;ter le lot.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://bmehafms.fr/sites/bmehafms.fr/local/cache-vignettes/L350xH414/A09-Bonnet-parents-photospip024ba7933f325e8b5e511207fe01b6ac-94664.jpg?1782860219' width='350' height='414' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-118 '&gt;&lt;strong&gt;F. Charles Bonnet avec ses parents
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re s'&#233;tait mari&#233; relativement &#226;g&#233; - il avait trente ans et m&#232;re dix-huit ans. Ils v&#233;curent plus de soixante ans de vie commune, dans une entente relativement sereine. Un jour, vers la fin de sa longue vie, papa, paysan, parlant peu, revoyant son existence, fit cette confidence qui en dit long : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;&#171; Ta m&#232;re est une sainte, &#8230; sans elle je n'aurai jamais r&#233;ussi ce que j'ai entrepris ! &#8230; &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, avec 6 enfants, vivant sur un petit lopin de terre, cultiv&#233; en jardin, produisant &#224; force de sueurs, mes parents d&#233;cid&#232;rent de trouver ailleurs, une terre plus productrice et hospitali&#232;re. Ils achet&#232;rent, en rente viag&#232;re, un domaine &#224; ma marraine M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; Caroline CHIRAT, du Vernay, &#224; SOUZY-L'ARGENTIERE, dans le Rh&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Mon p&#232;re surnomm&#233; l'Auvergnat &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au nouveau venu dans la r&#233;gion, on lui donna vite un surnom : l'Auvergnat. Celui-ci, travailleur consciencieux, acharn&#233; et d&#233;brouillard, fit rendre &#224; sa terre le maximum tout en &#233;tant attentif &#224; ses voisins. Devenu riche, certes, l'Auvergnat &#233;tait toujours pr&#234;t &#224; rendre service. La maison, pleine de gens, accueillait volontiers filles et gar&#231;ons du voisinage. A cette &#233;poque, les veill&#233;es en famille se tenaient, en hiver, dans les &#233;tables : chauffage gratuit &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand quelqu'un avait besoin d'une charrette, d'un cheval ou des b&#339;ufs, on lui disait simplement : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;&#171; Va chez l'Auvergnat, tu trouveras s&#251;rement &#187;.&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt; Notre p&#232;re ne savait pas refuser un service : combien de fois n'ai-je pas entendu ma m&#232;re le lui reprocher un peu &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En famille, la pri&#232;re faite chaque soir par maman entour&#233;e de ses enfants &#224; genoux. Tr&#232;s vieux, papa mettait toujours genou &#224; terre et souvent c'&#233;tait lui qui donnait le signal. Avant le repas, on r&#233;citait le Benedicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mois de mai &#233;tait marqu&#233; par quelques Ave Maria devant la statue de la Vierge qui, avec le crucifix, tr&#244;nait dans la salle &#224; manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Ascension, apr&#232;s avoir suivi les Rogations pour lesquelles on dressait un autel sur le chemin, le p&#232;re allait placer dans ses champs les petites croix de bois b&#233;nies par le pr&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la F&#234;te-Dieu, la famille se faisait un honneur de dresser un reposoir monumental pour le repos de l'ostensoir et la B&#233;n&#233;diction. Tout le mat&#233;riel &#233;tait soigneusement rang&#233; pour l'ann&#233;e suivante. Dieu seul sait &#224; combien d'&#339;uvres maman &#233;tait abonn&#233;e et versait r&#233;guli&#232;rement ses cotisations souvent major&#233;es. Maman avait une grande d&#233;votion &#224; la Sainte Vierge, mais aussi &#224; St Joseph, Ste Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus, et surtout au Sacr&#233; C&#339;ur de J&#233;sus. En bien des endroits de la maison &#233;tait accroch&#233;e une image pieuse ou m&#234;me une statue ..&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Le secret d&#233;sir de maman : &lt;br class='manualbr' /&gt;avoir un pr&#234;tre dans la famille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que Maman d&#233;sirait pour ses enfants une donation au Seigneur. Avoir un pr&#234;tre a &#233;t&#233; certainement son secret d&#233;sir : elle a r&#233;ussi, puisqu'un de ses fils est pr&#234;tre et un autre Fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers de la famille ont eu la chance de pouvoir faire des &#233;tudes soit au pensionnat de Pannissi&#232;res, soit au petit S&#233;minaire de Montbrison, soit &#224; Franois ou St-Genis-Laval.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;Andr&#233;, demande-lui d'aller chez les voisins ; &lt;br class='manualbr' /&gt;c'est le huiti&#232;me aujourd'hui !&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je suis persuad&#233; que Maman, par sa pi&#233;t&#233;, son esprit de charit&#233;, a obtenu de Dieu ma vocation. Voici un fait, ponctuant cet esprit fraternel : le vaste portail de notre ferme donnait sur la Nationale Lyon-Clermont, ce qui incitait les voyageurs en d&#233;placement dans la r&#233;gion, &#224; demander facilement un asile pour la nuit. Or, un jour, vers 8 ou 9 heures du soir, un vagabond se pr&#233;sente. Maman dit &#224; mon p&#232;re :&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; Andr&#233;, demande-lui d'aller chez les voisins ; c'est le huiti&#232;me aujourd'hui ! &#187;&lt;/em&gt; Mais, je crois que le huiti&#232;me a &#233;t&#233; aussi accueilli tout de m&#234;me. Chacun de ces clients trouvait vivres et couvert pour la nuit, &#224; la condition de ne pas fumer : crainte du feu dans la ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vite, la maison vit passer des Fr&#232;res Maristes, recruteurs ou d'autres rejoignant le poste de Haute-Rivoire. Apr&#232;s avoir gravi la c&#244;te, l'un ou l'autre &#233;tait heureux de se rafra&#238;chir ou de se sustenter avant de continuer la marche. Et c'est ainsi qu'un jour fut d&#233;cid&#233; mon envoi au juv&#233;nat de Franois.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;a href='https://bmehafms.fr/LE-JUVENAT.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;-&amp;rarr; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Pour lire la suite&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moires du F. Charles Bonnet (suite) LE JUVENAT</title>
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		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire des Fr&#232;res Maristes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Eh bien ! croyez-moi, cette vie du juv&#233;nat, en d&#233;pit de l'attachement &#224; ma famille, a &#233;t&#233; une vie de bonheur.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour moi, c'&#233;tait l'aventure, combien exaltante pour un gosse de 10 ans &#224; peine : 300 km loin de sa famille pour un an. Eh bien ! croyez-moi, cette vie du juv&#233;nat, en d&#233;pit de l'attachement &#224; ma famille, a &#233;t&#233; une vie de bonheur. Mes vacances en famille me paraissaient toujours trop longues, et puis, j'avais perdu un peu l'habitude de &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; garder les vaches &#187;,&lt;/em&gt; ou de faire les foins : l'&#233;tude, la lecture, la vie &#233;quilibr&#233;e de Franois me convenait de plus en plus. Quand je pense au num&#233;ro-de-gar&#231;on que j'&#233;tais ! Combien de fois n'ai-je pas manqu&#233; le cat&#233;chisme de notre cur&#233;, apr&#232;s la classe ? Et c'est moi &#224; qui le Seigneur fait signe, alors qu'un autre de mes fr&#232;res semblait mieux dispos&#233;. Il fondera un foyer dont l'un des fils deviendra Fr&#232;re Mariste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Etais-je vraiment motiv&#233; dans ma vocation ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, au juv&#233;nat, je n'ai pas eu que de bons exemples. Un surveillant, quelque peu p&#233;d&#233;raste, faisait souvent des avances &#224; quelques jeunes dont j'&#233;tais. Cela m'a pos&#233; quelques probl&#232;mes vis-&#224;-vis de la puret&#233;. Mis &#224; part ce point grave, j'ai trouv&#233; grande satisfaction, tant au point de vue ambiance, &#233;tudes et valeur du corps professoral. C'&#233;tait tout de m&#234;me une vie faite &#224; la fois de fermet&#233; et de justice, dans le but de former des hommes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Je garde un excellent souvenir des Directeurs MORIZON et DURET : hommes de c&#339;ur et de bon sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etais-je vraiment motiv&#233; dans ma vocation ? Je ne le crois pas. Je trouvais les pri&#232;res longues, les stations &#224; la chapelle p&#233;nibles ; mais l'ambiance g&#233;n&#233;rale me soutenait.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;a href='https://bmehafms.fr/LE-POSTULAT-fevrier-1929.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;-&amp;rarr; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Pour lire la suite&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moires du F. Charles Bonnet (suite) LE POSTULAT, f&#233;vrier 1929</title>
		<link>https://bmehafms.fr/LE-POSTULAT-fevrier-1929.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire des Fr&#232;res Maristes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un voyage plein de p&#233;rip&#233;ties - Reconnaissance envers le Fr Bouvier - le milieu tr&#232;s artificiel du noviciat.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://bmehafms.fr/-Memoires-de-Frere-Charles-BONNET-.html" rel="directory"&gt;M&#233;moires de Fr&#232;re Charles BONNET&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://bmehafms.fr/+-Histoire-des-Freres-Maristes-+.html" rel="tag"&gt;Histoire des Fr&#232;res Maristes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;F&#233;vrier 1929. D&#233;part au Postulat de San Maurizio. Un voyage plein de p&#233;rip&#233;ties !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partis vers 16 heures de la gare de Franois, nous faisons halte en gare de &lt;strong&gt;Mouchard&lt;/strong&gt;, pour attendre le Strasbourg-Vintimille. Il fait 20&#176; en-dessous de z&#233;ro. Bien au chaud &#224; la salle d'attente, le temps passe assez vite jusqu'&#224; minuit. A ce moment, nous avons d&#233;j&#224; six heures de retard. Que se passe-t-il ? Simplement : les conduites de la locomotive du Vintimille ont &#233;clat&#233; sous la pression du gel et il a fallu recourir &#224; une autre machine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il fait &#8211;20&#176; dehors&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que vers 2 heures ou 3 heures du matin que le convoi peut s'&#233;branler, mais nos &#233;motions ne sont pas termin&#233;es. Nous nous entassons (14 + Fr. Galland) dans un compartiment de 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; classe, non chauff&#233;, non &#233;clair&#233;. Il fait &#8211;20&#176; dehors. Nous br&#251;lons du papier pour nous r&#233;chauffer : alors le givre du plafond nous d&#233;gouline sur le visage. Impossible de passer en wagon de 2&#176; classe, &#233;clair&#233;s et chauff&#233;s, car les portes sont verrouill&#233;es. C'est ainsi que nous faisons le voyage Mouchard-Bourg.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nous arrivons &#224; Turin vers 22 heures&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En gare de Bourg, petit d&#233;jeuner rapide, car on annonce le Paris-Rome, dans lequel nous montons. Celui-ci est en bon &#233;tat, mais fera une halte prolong&#233;e &#224; la fronti&#232;re : &lt;strong&gt;Modane&lt;/strong&gt;. L&#224;, nous utilisons nos derniers sous et nos provisions, en attendant un d&#233;part hypoth&#233;tique pour l'Italie. Enfin, nous arrivons &#224; Turin vers 22 heures. L&#224;, plus de train pour San Maurizio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'apr&#232;s de longs palabres que notre mentor, le F. Gailland, r&#233;ussit &#224; d&#233;couvrir un car qui nous conduisit au Noviciat. A minuit pr&#233;cise, nous d&#233;barquions, par un froid de canard, &#224; ce lieu inconnu, mais d&#233;sir&#233;. L&#224;, un homme, un vrai, nous attendait sur le seuil, le porte-monnaie &#224; la main, car notre guide n'avait plus de quoi payer le chauffeur. Repas chaud. Nuit prolong&#233;e et nous voil&#224; plong&#233;s dans les effluves du Postulat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fr&#232;re Bouvier, nous entoura de toute &lt;br class='manualbr' /&gt;sa compr&#233;hension et affection&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un an et demi avant mes premiers voeux, des difficult&#233;s d'adaptation : tr&#232;s peu pour moi de souche paysanne, j'&#233;tais habitu&#233; &#224; supporter les mis&#232;res de la vie. Cependant, il faut bien constater que le Ma&#238;tre des novices, Fr&#232;re Bouvier, nous entoura de toute sa compr&#233;hension et affection. Homme plein de bon sens, religieux s&#233;rieux, il savait, en direction, att&#233;nuer la rigidit&#233; d'un sous-ma&#238;tre, religieux exemplaire certes, mais au regard ac&#233;r&#233; sur des v&#233;tilles. Il voulait notre bien, mais maladroitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;re Bouvier avait un regard ouvert sur le monde ext&#233;rieur. Combien j'ai attendu avec impatience ces causeries &#224; b&#226;tons rompus du dimanche matin, o&#249; il nous lisait le P&#232;lerin, la Croix ou une lettre du Fr&#232;re Martin de l'infirmerie de St-Genis. Un bon souvenir aussi : les cong&#233;s, dans la montagne de Corio, ou les baignades dans la Stura. Ces petites joies &#233;taient un onguent adoucissant la monotonie du r&#232;glement, nous introduisant progressivement dans notre vie de Fr&#232;re. Le Noviciat &#233;tait tout de m&#234;me un milieu tr&#232;s artificiel et clos sur le monde ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents vinrent assister &#224; ma prise d'habit, et logeant au village, furent tr&#232;s surpris de comprendre facilement le parler des gens. A croire que le pi&#233;montais est assez proche de l'occitan !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Un point positif de la formation spirituelle :&lt;br class='manualbr' /&gt;l'&#233;tude de l'Evangile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je ne parlerai pas de la formation spirituelle, sauf pour en signaler un point positif : l'&#233;tude de l'Evangile. Chaque dimanche matin, non pas que le n&#233;gatif repr&#233;sente la majeure partie de notre temps, mais, nos ma&#238;tres avec leur formation, ne pouvaient donner plus qu'eux-m&#234;mes n'avaient re&#231;u. Le Saint-Esprit devait faire le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rentrant du Noviciat en soutane et rabat, et devant prendre le train en gare de Saint-Paul &#224; Lyon, je fus t&#233;moin d'un spectacle inconnu pour moi. Dans la salle d'attente, une maman allaitait gentiment son b&#233;b&#233; au vu et su de tout le monde. Le seul monde &#233;tait form&#233; de deux petits moines frais &#233;moulus du Noviciat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fut le premier g&#234;n&#233; ? La maman ou les deux Fr&#232;res ? Apr&#232;s un premier moment de surprise, chacun campa sur ses positions. Mais, j'ai gard&#233; longtemps cette vision de ce petit mamelon tout rose, suc&#233; goul&#251;ment par un embryon d'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;a href='https://bmehafms.fr/LE-SCOLASTICAT.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;-&amp;rarr; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Pour lire la suite&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moires du F. Charles Bonnet (suite) LE SCOLASTICAT</title>
		<link>https://bmehafms.fr/LE-SCOLASTICAT.html</link>
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		<dc:date>2007-07-10T14:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire des Fr&#232;res Maristes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nos professeurs faisaient ce qu'ils pouvaient pour obtenir de nous le maximum ; ils ne r&#233;ussissaient pas toujours.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le scolasticat se passa calmement, malgr&#233; une grosse fatigue en finale bourr&#233;e d'&#233;tudes, pour obtenir un dipl&#244;me d'enseignement. Nos professeurs faisaient ce qu'ils pouvaient pour obtenir de nous le maximum ; ils ne r&#233;ussissaient pas toujours. Comble de l'ironie, le Ma&#238;tre de fran&#231;ais m'attribuait, toujours de faibles notes, alors que tout le reste de ma vie, je fus condamn&#233;, &#224; &#233;crire pour les divers bulletins d'&#233;tablissements, ou les circulaires aux parents Ce m&#234;me professeur me pr&#233;disait un &#233;chec retentissant, tant &#224; cause de mes difficult&#233;s en fran&#231;ais qu'&#224; cause de mon absence pour fatigue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://bmehafms.fr/sites/bmehafms.fr/local/cache-vignettes/L500xH304/A10-St-Genis-grp-a5b23.jpg?1782903263' width='500' height='304' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux augures, j'&#233;chouais, certes en juin ; mais avec des notes fort honorables (les meilleures parmi les &#233;chou&#233;s), me permettant une reprise en octobre, o&#249; tout se passa fort bien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une anecdote&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avions un professeur d'Histoire fort savant. &lt;br class='manualbr' /&gt;Lorsqu'il nous proposait un travail ennuyeux, il se trouvait toujours quelqu'un assez malin pour l'aiguiller sur un sujet historique, et alors, adieu la composition !&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moires du F. Charles Bonnet (suite) A FRANOIS et au Service Militaire en 1935</title>
		<link>https://bmehafms.fr/A-FRANOIS-et-au-Service-Militaire-en-1935.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://bmehafms.fr/A-FRANOIS-et-au-Service-Militaire-en-1935.html</guid>
		<dc:date>2007-07-08T15:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Du Service Militaire je garde un souvenir de l'esprit de camaraderie qui r&#233;gnait parmi nous.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sorti du scolasticat sans aucune formation p&#233;dagogique, je fus envoy&#233; au &lt;strong&gt;juv&#233;nat de Franois,&lt;/strong&gt; que j'avais quitt&#233; 2 ans 1/2 auparavant, et o&#249; je retrouvais d'anciens camarades. Mais la Providence veillait je tombai malade, et fus envoy&#233; &#224; &lt;strong&gt;l'infirmerie de St-Genis&lt;/strong&gt;. L&#224;, j'eus la joie de retrouver mon sympathique Ma&#238;tre des Novices, qui s'&#233;teignait lentement. Je lui fis sa derni&#232;re barbe, la veille de sa mort &#8230; &lt;br class='manualbr' /&gt;Un &#234;tre peu cultiv&#233; peut-&#234;tre, mais d'un jugement s&#251;r et d'une bont&#233; d'&#226;me exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques mois de repos, l'on me confia quelques jeunes Hongrois ou Tch&#232;ques, pour leur apprendre la langue fran&#231;aise, puis je pris la direction d'une classe au &lt;strong&gt;juv&#233;nat de St-Genis.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SERVICE MILITAIRE, 1935&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1935. Service militaire au 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; dragons &#224; &lt;strong&gt;Vesoul&lt;/strong&gt;. Premier contact avec les vicissitudes humaines. Je rencontrai une bonne &#233;quipe de copains, parmi lesquels le &lt;strong&gt;Fr. VENET&lt;/strong&gt;, et un s&#233;minariste, &lt;strong&gt;l'abb&#233; PUPIER.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque dimanche, je sortais de bonne heure du quartier pour aller &#224; la messe, bien s&#251;r, puis au Foyer du soldat, dont je m'occupais parfois mais surtout pour &#233;chapper aux corv&#233;es de garde. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le seul jour o&#249; je fis grasse matin&#233;e, le 15 ao&#251;t, mes chefs me d&#233;sign&#232;rent pour le service de garde : pas de messe ce jour-l&#224; ! Je vis l&#224; une juste punition de ma paresse &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; Vesoul aussi, que je rendis visite &#224; &lt;strong&gt;l'Abb&#233; CHAYS&lt;/strong&gt;, ancien aum&#244;nier de Franois, retir&#233; aupr&#232;s des Dames de Saint-Maur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Anecdote&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En man&#339;uvre au camp de &lt;strong&gt;Valdahon&lt;/strong&gt;, je d&#233;cidai le dimanche de me rendre au &lt;strong&gt;RUSSEY&lt;/strong&gt;, esp&#233;rant garnir quelque peu mon escarcelle vide &#8230; M. &lt;strong&gt;PERRET&lt;/strong&gt; me remit une pi&#232;ce de 10 francs, je crois ; ce qui couvrit le billet du retour. Par contre, quelques jours plus tard, passant &#224; &lt;strong&gt;ECOLE&lt;/strong&gt;, M. &lt;strong&gt;AGUETTAZ&lt;/strong&gt;, homme de c&#339;ur, me fit un don substantiel pour revenir en cong&#233; le dimanche suivant. Ce fut un jour m&#233;morable, une rencontre de sept Fr&#232;res Maristes, militaires dans la r&#233;gion de Besan&#231;on. Quel r&#233;confort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant mon service militaire, j'appris le&lt;strong&gt; &#171; morse &#187;,&lt;/strong&gt; ce qui me permit d'&#234;tre &#171; radio-chiffreur &#187; durant la guerre. Je suivis &#233;galement les le&#231;ons de conduite de v&#233;hicules auto-mitrailleurs, motos, voitures l&#233;g&#232;res, mais sans jamais passer le permis de conduire. Cela est d&#251; &#224; l'ent&#234;tement absurde du capitaine qui ne voulait pas tol&#233;rer dans son escadron d'hommes &#224; lunettes : or, nous &#233;tions trois, ayant suivi une pr&#233;paration militaire et ayant choisi notre arme. En d&#233;pit de ses efforts, il ne put nous renvoyer, mais nous sanctionna en nous interdisant de passer le permis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je garde un souvenir de l'esprit de camaraderie qui r&#233;gnait parmi nous. J'&#233;tais aussi le 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; secr&#233;taire du bureau, remplissant toutes sortes de t&#226;ches, aupr&#232;s des sous-officiers : comptes rendus, tenue des comptes chiffr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;a href='https://bmehafms.fr/Octobre-1936-la-Cote-St-Andre-1939-la-guerre.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;-&amp;rarr; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Pour lire la suite&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moires du F. Charles Bonnet (suite) - Octobre 1936, la C&#244;te-St-Andr&#233;, 1939, la guerre</title>
		<link>https://bmehafms.fr/Octobre-1936-la-Cote-St-Andre-1939-la-guerre.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://bmehafms.fr/Octobre-1936-la-Cote-St-Andre-1939-la-guerre.html</guid>
		<dc:date>2007-07-06T15:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire des Fr&#232;res Maristes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A la C&#244;te-St-Andr&#233; nous formions une fameuse &#233;quipe - 28 ao&#252;t 1939. Mobilisation g&#233;n&#233;rale. Je rejoins le 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; B.D.P. &#224; Lyon.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En octobre 1936, je fus envoy&#233; comme instituteur dans le pensionnat St Fran&#231;ois, nouvellement cr&#233;&#233; &#224; &lt;strong&gt;LA COTE-ST-ANDRE.&lt;/strong&gt; J'y trouvai le Fr. &lt;strong&gt;GUlLLAUD&lt;/strong&gt;, Directeur, et les &lt;strong&gt;Fr&#232;res BOIS, HILD, BERJON et GUIGUE&lt;/strong&gt;. Nous formions uns fameuse &#233;quipe, bien soud&#233;e, et qui se retrouvait souvent le dimanche matin, apr&#232;s la messe &#224; l'autre &#233;cole libre tenue par deux Fr&#232;res plus &#226;g&#233;s, mais rest&#233;s jeunes : les Fr&#232;res &lt;strong&gt;AMBLARD et FRECHET.&lt;/strong&gt; Que de &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Saint-Marcellin &#187;&lt;/em&gt; (fromages) nous avons d&#233;gust&#233;s en leur compagnie, mais aussi, quel bel esprit de famille chez ces Anciens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions de bons amis, en la personne de l'Abb&#233; &lt;strong&gt;FEUGIER&lt;/strong&gt;, cur&#233;, et de M. &lt;strong&gt;EMPTOZ&lt;/strong&gt;, dentiste. C'est d'ailleurs ces deux personnes qui &#233;taient &#224; l'origine de la fondation de l'&#233;cole : le deuxi&#232;me apportant la finance, le premier, l'id&#233;e et la t&#233;nacit&#233;. Longtemps avant 1903, les Fr&#232;res Maristes avaient ouvert une &#233;cole &#224; LA COTE SAINT ANDRE, au lieu-dit &#171; le Ch&#226;teau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La localit&#233; comptait avant 1903, 4 &#233;coles libres, et un petit s&#233;minaire. Tous les locaux de ces &#233;tablissements furent confisqu&#233;s au profit des &#233;tablissements de l'enseignement public. &lt;br class='manualbr' /&gt;Depuis, les &#233;coles libres avaient reconstitu&#233; leur effectif dans de nouveaux locaux, il manquait un internat de gar&#231;ons. Le cur&#233; Feugier, M. Emptoz et M. De Latour, vinrent trouver &#224; St Genis le Provincial d'alors M. &lt;strong&gt;BEAUPERTUIS&lt;/strong&gt;. Celui-ci, apr&#232;s une longue discussion et &#224; bout d'arguments, ne cessant de dire non, quitte son bureau, laissant tout seuls ses trois visiteurs. Une heure apr&#232;s, pensant les trois C&#244;tois partis, Fr&#232;re Beaupertuis gagne son bureau et qui voit-il ? &#8230; les trois demandeurs toujours l&#224;. Le cur&#233; Feugier d&#233;clare alors : &lt;strong&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Nous ne partirons que lorsque nous aurons des Fr&#232;res &#187;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;. Ce qui fut fait &#8230; Quelque peu rigide, le Sup&#233;rieur avait quelque faveur, nous le savions. Aussi, faisions-nous passer nos demandes par le Fr. favori, ce qui r&#233;ussissait toujours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA GUERRE 1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;28 ao&#252;t 1939. Mobilisation g&#233;n&#233;rale. Je rejoins le 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; B.D.P. &#224; Lyon, avant d'&#234;tre exp&#233;di&#233; en avant-garde &#224; la fronti&#232;re belge. Nous faisons la navette, suivant les &#233;v&#233;nements entre VERVINS et REVINS. Notre logement dans les granges ou chez l'habitant, me permet de venir en aide &#224; plusieurs personnes &#226;g&#233;es en leur procurant du charbon. J'interviens &#233;galement pour un camarade port&#233; d&#233;serteur par amour : absent durant plusieurs jours, il nous revient avec sa fianc&#233;e. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;pouse du colonel, il ne sera puni que l&#233;g&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des difficult&#233;s, nous r&#233;ussissons &#224; organiser quelques r&#233;unions pour le mois de Marie : plusieurs officiers y assistent avec leurs hommes. Notre colonel obtient un jeune pr&#234;tre, r&#233;cemment ordonn&#233;, comme aum&#244;nier du r&#233;giment. Inactivit&#233; dangereuse, contre laquelle on r&#233;agit de notre mieux par des exercices de radio et du chiffre. C'est ainsi que je deviens radio-chiffreur du r&#233;giment avec comme adjoint un huissier du PUY EN VELAY.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;10 juin 1940.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alerte. Nous rentrons &#171; triomphalement &#187; en &lt;strong&gt;Belgique&lt;/strong&gt; : accueil chaleureux de la population. Nous prenons position en avant de la Meuse, sur la ligne Rochefort-Jemel o&#249; deux jours plus tard nous faisons retraite avec les Allemands sur nos talons : un escadron &#224; cheval a &#233;t&#233; fait prisonnier d&#232;s l'attaque. En effet, les chevaux group&#233;s sous les arbres, &#224; la garde d'un ou deux hommes, se sont d&#233;band&#233;s et ont pris le mors aux dents d&#232;s la chute des premi&#232;res bombes ou mitraillades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les cavaliers &#224; pied, face aux blind&#233;s allemands n'ont rien pu faire. Nous repassons la Meuse &#224; Dinant et dressons une barricade &#224; quelques kilom&#232;tres en arri&#232;re. Gr&#226;ce au canon de 25 mm qui nous reste, nous clouons sur place les premiers chars ennemis, mais nous subissons un bombardement intensif tous les quarts d'heure. Le colonel appelle au secours au quartier g&#233;n&#233;ral : ordre est de tenir co&#251;te que co&#251;te. A la nuit, nous nous replions sur l'Aisne. Au cours de ce repli, le colonel sera tu&#233; et son officier d'ordonnance bless&#233; gravement. Quelques jours plus tard, nous sommes prisonniers le 18 juin 1940.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;a href='https://bmehafms.fr/La-captivite-1.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;-&amp;rarr; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Pour lire la suite&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moires du F. Charles Bonnet (suite) - La captivit&#233; (1)</title>
		<link>https://bmehafms.fr/La-captivite-1.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://bmehafms.fr/La-captivite-1.html</guid>
		<dc:date>2007-07-05T15:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un calvaire : Je mange des pissenlits, des topinambours crus pour survivre. Mais, le plus terrible, c'est encore la soif.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://bmehafms.fr/-Memoires-de-Frere-Charles-BONNET-.html" rel="directory"&gt;M&#233;moires de Fr&#232;re Charles BONNET&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la ferme o&#249; l'on nous parque, nous sommes salu&#233;s par nos g&#233;n&#233;raux Darras et Moulin, je crois, qui viennent nous serrer la main et nous obtiennent de l'eau de la part des sentinelles. Le lendemain, par marches forc&#233;es, sous un soleil de plomb, sans nourriture ni boisson, nous nous dirigeons vers l'Allemagne, via la Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un calvaire : Je mange des pissenlits, des topinambours crus pour survivre. Mais, le plus terrible, c'est encore la soif. Le moindre point d'eau, quel qu'il soit, est pris d'assaut, sous les coups de crosse de nos gardiens. Mais je garde le moral, et je crois que jamais je n'ai aussi bien appel&#233; &#224; l'aide le Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &lt;strong&gt;Magdebourg&lt;/strong&gt;, nous campons dans la boue d'une tuilerie, sous la pluie. Mais j'ai la surprise de me trouver nez &#224; nez avec &lt;strong&gt;Fr&#232;re MATHERN&lt;/strong&gt;, en tenue de zouave, et comme moi, prisonnier. L'orage nous s&#233;pare, nous ne nous reverrons que 5 ans plus tard, &#224; St Genis, lors d'une retraite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Transport en train, arr&#234;t &#224; Tr&#232;ves.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On nous gratifie d'une boule de pain pour 2 : ce qui ne nous annonce rien de bon. Voyage en wagon &#224; bestiaux, dans une promiscuit&#233; &#233;pouvantable, incapable de s'allonger, aucune hygi&#232;ne, eau excessivement rare, comme les arr&#234;ts enfin, &lt;strong&gt;un Stalag HIB FURSTENBERG&lt;/strong&gt;, o&#249; nous sommes mis &#224; nu, douch&#233;s, immatricul&#233;s et envoy&#233;s au camp de &lt;strong&gt;KUSTRIN s/ODER&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entass&#233;s dans des wagons &#224; bestiaux, sans eau, avec une boule de pain pour 3, au moins, sans hygi&#232;ne et presque sans air, dans l'impossibilit&#233; de s'allonger tous en m&#234;me temps : le transport entre les deux camps fut un calvaire pour tous, le d&#233;barquement, un soulagement, malgr&#233; la vision des barbel&#233;s et d'une plaine immense, inculte, o&#249; l'humidit&#233; suintait de partout, v&#233;g&#233;tation presque nulle : le camp est &#233;tabli loin de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le moral reste bon.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes distribu&#233;s sous trois tentes, o&#249; la chaleur du jour nous &#233;touffe. Nous essayons de nous organiser. Nos gardiens interdisent de communiquer entre les tentes, j'obtiens la faveur d'une messe pour tout le camp, le &lt;strong&gt;15 ao&#251;t&lt;/strong&gt; : un pr&#234;tre allemand et deux enfants de ch&#339;ur c&#233;l&#232;brent. Les autres dimanches, nous nous rassemblons aupr&#232;s de la tente, et par signes, nous communiquons, de sorte que l'office de pri&#232;res s'ex&#233;cute en m&#234;me temps devant les tentes, &#224; la grande stup&#233;faction de nos gardiens qui n'interviennent pas, et des gens du voisinage attir&#233;s par les chants. N'est-ce pas extraordinaire de voir des prisonniers chanter, malgr&#233; les conditions d'hygi&#232;ne d&#233;testables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ing&#233;niosit&#233; fran&#231;aise se fait jour. Avec un s&#233;minariste de Valence, &lt;strong&gt;l'Abb&#233; Barre&lt;/strong&gt;, nous recomposons des cantiques et les pri&#232;res de la messe, mais comment les reproduire et les communiquer. Avec des camarades, nous montons, non pas une imprimerie, mais un groupe de copieurs. Nous ramassons les sacs de ciment ou de chaux vides, et avec les bons morceaux, nous constituons de petits carnets reli&#233;s &#224; l'aide de la ficelle blanche qui fermait les sacs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, petit &#224; petit, nos rassemblements prennent forme et sont tr&#232;s suivis et vari&#233;s. Le dimanche apr&#232;s-midi, nous nous r&#233;unissons dans une tente vide, soit pour dire le chapelet, soit pour m&#233;diter le Chemin de la Croix, ou discuter spiritualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La captivit&#233; (2) : nous sommes devenus des squelettes ambulants</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;M&#233;moires du F. Charles Bonnet (suite) - Une chasse aux Juifs qui dure une semaine. Je touche, dans ce camp, au fond de la mis&#232;re humaine.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;chasse aux Juifs&lt;/strong&gt; dans tout le Grand-Reich. Mon nez &#171; bourbonnien &#187; me fait prendre pour un Juif et je suis soumis &#224; un r&#233;gime sp&#233;cial. J'avais obtenu de faire partie d'un commando de carri&#232;re. Nous partions pour la journ&#233;e, jusqu'&#224; une carri&#232;re de sable situ&#233;e pr&#232;s de la ville ; sur notre passage, les Allemands d&#233;posaient par terre, parfois des cigares ou des cigarettes, ou bien notre gardien nous d&#233;posait quelques minutes dans la cour de sa caserne, et s'&#233;loignait pour nous permettre de faire la cueillette des m&#233;gots que les soldats avaient jet&#233;s dans la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de la carri&#232;re n'&#233;tait pas trop p&#233;nible : il consistait &#224; remonter le sable par paliers, d'un trou de 6 &#224; 7 m de profondeur, jusqu'&#224; la surface, pour &#234;tre charg&#233; dans les camions. Les gardiens avaient souvent de la visite f&#233;minine et nous laissaient la paix : sauf le jour de la recherche des juifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cette chasse aux juifs dura pr&#232;s d'une semaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, mon gardien soup&#231;onnant en moi un &#171; Yudi &#187; camoufl&#233;, me fit descendre au fond du trou, et tout le long du jour, m'obligea &#224; travailler sans arr&#234;t &#224; lever le sable &#224; 1,50 m au-dessus de ma t&#234;te. De retour au camp, je fis une r&#233;clamation au chef de tente qui se rendit compte de l'erreur de la sentinelle, et me fit des excuses. Plusieurs de mes camarades, Juifs authentiques, furent d&#233;couverts et envoy&#233;s dans des commandos disciplinaires ou maltrait&#233;s. Cette chasse aux juifs dura pr&#232;s d'une semaine ; quant &#224; moi, elle avait dur&#233; une journ&#233;e enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques mois pour construire des baraques en dur, nous f&#251;mes envoy&#233;s dans un autre camp, pour relayer un groupe de Bretons atteints et d&#233;cim&#233;s par la dysenterie (150 malades sur 300 !). Rien d'&#233;tonnant les conditions sont affreuses. Eau potable : un seul robinet, entour&#233; de quatre rang&#233;es de fils barbel&#233;s, et ouvert une heure par jour : nous sommes des centaines d'hommes. En dehors de ce robinet, l'eau a une odeur et un go&#251;t de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nourriture : matin, un verre d'ersatz avec 15 g de confiture ou de margarine. soir, un potage bien clair, parfois un peu plus &#233;pais. travail tr&#232;s dur : &#233;tablissement du plus grand a&#233;roport d'Europe dans une r&#233;gion de collines bois&#233;es. Les psaumes prenaient une r&#233;sonance particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part du camp : avant le lever du soleil. Retour : &#224; la nuit. Journ&#233;e continue. Nous r&#233;ussissons &#224; survivre gr&#226;ce au syst&#232;me D fran&#231;ais. Les poux font leur apparition. On met &#224; notre disposition deux cuves pour faire bouillir le linge, mais d&#233;fense de rentrer du bois au camp. Ces cuves serviront au linge, mais aussi &#224; la cuisson des pommes de terre trouv&#233;es par hasard dans un champ et cueillies plusieurs fois sous les balles des gardiens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Je touche, dans ce camp, au fond de la mis&#232;re humaine.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu la loi de la jungle&#8230; mais, je mesure aussi les limites de la r&#233;sistance humaine. J'avais lu et entendu parler que l'homme est un loup pour l'homme : dans ce camp : cela se r&#233;alise. Nos gardiens sont des chiens m&#233;chants toujours pr&#234;ts &#224; mordre, sans c&#339;ur, semble-t-il. Quand nous allons &#224; la soupe le soir, plus d'une heure de station debout, nous passons devant les baraques d'autres prisonniers civils, polonais, communistes allemands, Tch&#232;ques, etc. Devant chaque baraque, se trouve un tonneau r&#233;serv&#233; aux restes du repas. Plusieurs fois, j'ai r&#233;ussi &#224; y puiser un suppl&#233;ment de pitance pour notre &#233;quipe. Or, certains prisonniers, jetant leur reste de nourriture dans la tonne, y crachaient dedans, en nous regardant d'un air mauvais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques semaines, nous sommes devenus des squelettes ambulants : je me l&#232;ve jusqu'&#224; 5 ou 6 fois par nuit pour uriner : signe d'an&#233;antissement. Ce qui nous sauve ? .. l'esprit d'&#233;quipe : nous sommes soud&#233;s, et partageons vraiment tout. Un fait : Nous &#171; crevions &#187; litt&#233;ralement de faim et souvent de soif, et, &#224; longueur de conversation, nous composions des &#171; menus &#187; pour notre retour en France &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je constate que ceux qui ont une certaine &#171; foi &#187; tiennent mieux le coup que les autres : le d&#233;couragement les abat moins. Un beau jour, apr&#232;s un mois de cette vie de bagnard, on demande des volontaires : aussit&#244;t, notre &#233;quipe s'inscrit. Onze gars d&#233;cid&#233;s &#224; changer de situation. Nous avons la chance, apr&#232;s une journ&#233;e de train, d'aboutir dans une ferme assez importante : 365 ha environ, RITTERGUT MOGLIN.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;a href='https://bmehafms.fr/La-captivite-3-travail-a-la-ferme.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;-&amp;rarr; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Pour lire la suite&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La captivit&#233; (3) : travail &#224; la ferme</title>
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		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;M&#233;moires du F. Charles Bonnet (suite) - La vie dans la ferme n'est pas trop d&#233;sagr&#233;able. Sur le plan spirituel nous &#233;tions abandonn&#233;s.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est l'inspecteur qui nous accueille gentiment. Il demande &#224; chacun sa profession : tant bien que mal, par gestes, on arrive &#224; se faire comprendre, sauf pour moi. Les gestes ne suffisent plus, lorsqu'un camarade lance : &lt;strong&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; professeur &#187;.&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; A ce mot, l'Inspecteur se redresse et salue de la t&#234;te. &lt;strong&gt;Dans ce village de ferme, je serai le professeur et deviendrai l'interpr&#232;te sans savoir un mot d'allemand.&lt;/strong&gt; Personne ne veut parler cette abominable langue. Mais, l'un de nos gardiens veut apprendre les rudiments de fran&#231;ais ; aussi, chaque jour, je b&#233;n&#233;ficie d'une heure de moins au travail des champs, pour donner mon cours ; nous nous exprimons tant bien que mal en anglais, mais sa m&#233;moire est rev&#234;che, et bient&#244;t il est rappel&#233; &#224; la compagnie. Par contre, je suis en possession d'un certain vocabulaire qui m'aide &#224; comprendre les gens. De plus, tous les ordres passent dor&#233;navant par moi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vie dans la ferme n'est pas trop d&#233;sagr&#233;able,&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;d'autant plus que par un vasistas descell&#233;, nous pouvons en toute tranquillit&#233; marauder les pommes du ch&#226;telain : l'inspecteur le sait, mais jamais il ne nous d&#233;noncera : il a &#233;t&#233; prisonnier en Normandie des Anglais. De ceux-ci, il garde un mauvais souvenir, mais des Fran&#231;ais, il ne dit que du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Durant des mois, aucun secours religieux quelconque.&lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;A force d'insister aupr&#232;s des responsables, nous obtenons un jeune pr&#234;tre comme aum&#244;nier. De ce jour, nous pouvons assister de temps en temps &#224; la messe du dimanche &#224; la ville voisine, dans une &#233;glise r&#233;serv&#233;e aux prisonniers. Pour occuper nos loisirs dominicaux, nous chassons les oiseaux et capturons m&#234;me un faon. Il sera d&#233;vor&#233; par les 15 membres du Kommando. Une autre fois, ces forestiers nous offriront une belle biche (40 kg au moins). L'amener &#224; la baraque fut un vrai travail de Sioux sur le sentier de la guerre. Sit&#244;t la porte cadenass&#233;e, la b&#234;te fut d&#233;pec&#233;e, cuite, et d&#233;vor&#233;e dans la nuit. La ventraille fut jet&#233;e dans le champ voisin, et la peau d&#233;pos&#233;e devant la porte du garde-chasse, notre espion &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux ans dans cette ferme nous ont appris un tas de choses sur l'agriculture allemande :&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;culture des betteraves sucri&#232;res (25 ha), pommes de terre (100 ha), mises en silo ou distill&#233;es, c&#233;r&#233;ales (100 ha), prairies artificielles. La ferme compte 400 moutons, 200 porcs, 35 chevaux ou b&#339;ufs, 70 vaches laiti&#232;res, des g&#233;nisses, un taureau imposant par sa masse. Tout est pes&#233;, num&#233;rot&#233; et scientifiquement organis&#233;. Des for&#234;ts magnifiques entourent une partie de la propri&#233;t&#233;, o&#249; deux troupeaux de biches, forts chacun d'une quarantaine de b&#234;tes s'&#233;battent librement, mais appartiennent &#224; &#8230; &lt;strong&gt;GOERING.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois par an, a lieu une battue, pour amener aux chasseurs le plus beau &#171; cor &#187; du troupeau. Nous avions, ce jour-l&#224;, un casse-cro&#251;te suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'inspecteur &#233;tait un homme de jugement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En &#233;t&#233;, les moissons occupaient tout le monde : les prisonniers &#233;taient au d&#233;chargement des gerbes ou des pommes de terre. Il faut dire que l'arrachage des pommes de terre &#233;tait pay&#233; au nombre de paniers. C'&#233;tait surtout des femmes venues en camion de la ville voisine. L'Inspecteur comprit vite que travailler &#224; la pi&#232;ce n'&#233;tait pas conforme avec notre &#171; profession &#187;. C'&#233;tait un homme de jugement, et dans le fond, d'une certaine bont&#233; de caract&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, il nous sauva d'une mauvaise situation : voici comment. Un prisonnier me fait penser un peu &#224; mes &#171; hamsters &#187;, qui ramassent et emmagasinent tout ce qui passe &#224; leur port&#233;e ; chacun d'entre nous avait donc fait ample provision pour l'hiver, de pommes chapard&#233;es un peu partout. Comme notre chambr&#233;e n'&#233;tait autre que l'&#233;curie r&#233;serv&#233;e aux chevaux de luxe de la patronne, nous avions beaucoup de place dans les mangeoires, au-essus des r&#226;teliers, et sous les paillasses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, un jour, plusieurs camarades furent surpris, par une nuit d'encre, par le garde-chasse, &#224; cueillir des fruits. Lorsque le garde, accompagn&#233; de l'Inspecteur et de la sentinelle arrive &#224; la baraque, tout le monde &#233;tait rentr&#233;, mais la vindicte du garde n'&#233;tait pas assouvie ; il provoqua une perquisition dans notre logement. Avant la visite, l'Inspecteur m'en avait avis&#233;, indiquant bien qu'il n'&#233;tait pour rien dans l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'espace d'une heure, par notre vasistas, donnant sur les champs, des centaines de kilos furent d&#233;m&#233;nag&#233;s et mis en lieu s&#251;r, si bien que, de ce jour, le fameux garde, non seulement ne nous soup&#231;onna plus, mais s'offrit m&#234;me &#224; nous vendre des pommes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur le plan spirituel nous &#233;tions abandonn&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan spirituel, &#224; part quelques messes dominicales, nous &#233;tions abandonn&#233;s, les gens de l'agglom&#233;ration n'ayant que la religion du travail pour vivre, sans aucun de ces moments de f&#234;te que sont nos kermesses ou vogues. Une vie abrutissante au service du petit hobereau, comme les serfs du Moyen-Age. Chaque mois, la distribution de farine, pommes de terre et quelques produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, a lieu dans la cour du ch&#226;teau : chaque famille re&#231;oit, au prorata de ses effectifs. Notre cuisini&#232;re touche pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette vie terre &#224; terre, j'essaie de maintenir le moral : garder ses distances avec nos ge&#244;liers, civils ou militaires ; contacts &#233;troits avec les autres d&#233;port&#233;s Italiens, Hongrois, Polonais, Ukrainiens&#8230; Quelques essais peu concluants de pri&#232;re commune ; maintien d'une grande propret&#233; : les poux et les puces nous ont quitt&#233;s d&#233;finitivement ; provoquer les agr&#233;ments d'une cuisine &#224; la &#171; fran&#231;aise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants viennent &#224; travers les barbel&#233;s, go&#251;ter nos sp&#233;cialit&#233;s. C'est ainsi qu'en faisant la grimace, mais se l&#233;chant les doigts, ils d&#233;gustent les escargots, les frites, les beignets aux pommes, etc. Le jeu tient une grande place dans nos distractions, ainsi que l'ouverture des colis P&#233;tain, devant lesquels les gardiens restent bouche b&#233;e ; mais c'est le chapardage qui procure le plus de satisfaction et nous aide &#224; vivre d&#233;cemment. Beaucoup de temps est consacr&#233; &#224; la lecture (trop rare) et au raccommodage des frusques.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;a href='https://bmehafms.fr/La-captivite-4-un-hiver-tres-rigoureux.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;-&amp;rarr; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Pour lire la suite&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La captivit&#233; (4) : un hiver tr&#232;s rigoureux</title>
		<link>https://bmehafms.fr/La-captivite-4-un-hiver-tres-rigoureux.html</link>
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		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moires - biographies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les occupations des mois d'hiver. L'incident survenu au bout de deux ans. - M&#233;moires du F. Charles Bonnet (suite)&lt;/p&gt;

-
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'hiver fut tr&#232;s rigoureux, tant en 40 [1940] que les ann&#233;es suivantes. Nous e&#251;mes &#8211;35&#176;. Par cette temp&#233;rature sib&#233;rienne, le casse-cro&#251;te gelait dans la musette, le bois ne voulait pas br&#251;ler et nous devions &#233;pandre du fumier sur 40 cm de neige. Aucun de mes compagnons ne fut gravement malade durant cette p&#233;riode. Par des temp&#233;ratures plus cl&#233;mentes (-10&#176;), nous devions extraire des pommes de terre des silos et trier les pourries : travail encore plus p&#233;nible, lorsque la bise s'en m&#234;lait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre occupation des mois d'hiver, le battage de la moisson durant plus d'un mois, dans une poussi&#232;re continuelle. Pour ma part, j'&#233;tais d&#233;sign&#233; pour charger les sacs de grain dans les chariots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la machine &#224; battre, venait l'extraction du fumier des &#233;tables des g&#233;nisses. Lorsque celles-ci touchaient presque le plafond, on les faisait de leur perchoir par un plan inclin&#233;, et l'&#233;vacuation du tas de &#171; bouses &#187; commen&#231;ait dans une temp&#233;rature relativement agr&#233;able, sinon parfum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#233;tail ne quittait l'&#233;table que pour les saillies dans la cour. Or, ces pauvres b&#234;tes prenaient mal aux pieds. On leur appliquait alors le rem&#232;de des bains de &#034;boue argileuse&#034;. La nourriture des vaches &#233;tait peu vari&#233;e, et toujours &#224; base de paille hach&#233;e ou de balle de bl&#233; m&#233;lang&#233;e &#224; des betteraves fourrag&#232;res &#233;cras&#233;es, ou &#224; des feuilles de betteraves sucri&#232;res. Cette derni&#232;re denr&#233;e passait l'hiver en silo qui ne s'ouvrait qu'au printemps : avril-mai. Cette ouverture s'annon&#231;ait par une odeur naus&#233;abonde envahissant toute la campagne des environs. L'odeur de nos fosses d'aisance n'est rien &#224; c&#244;t&#233; de ce &#034;parfum&#034;. Mais, croyez-moi, le b&#233;tail en raffolait, alors que le lait prenait une saveur un peu particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;REMARQUE :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes rest&#233;s deux ans, dans ce RITTER-GUT. Quinze hommes, mari&#233;s la plupart, dans une promiscuit&#233; singuli&#232;re ; jamais la morale n'a &#233;t&#233; bafou&#233;e. Je pense pouvoir l'attribuer &#224; un profond esprit d'amiti&#233; qui nous unissait, joint &#224; cette rancune contre nos vainqueurs, qui tissait un lien entre nous ; de m&#234;me que la r&#233;ussite de nos maraudes et la correction de l'Inspecteur &#224; notre endroit. Les quelques messes dominicales entendues ont contribu&#233; aussi &#224; cette tenue de conscience collective.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un incident survint au bout de deux ans.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le patron, jeune officier en Belgique, &#233;tait de retour et fier de son r&#244;le, ne supportant pas la moindre r&#233;clamation. Or, un matin, &#224; la r&#233;partition du travail, le mar&#233;chal-ferrant, un Fran&#231;ais, refusa d'aller dans les champs. Le patron, &#233;nerv&#233;, lui porte deux coups de canne sur les fesses, disons pas tr&#232;s violents, mais le geste fut tr&#232;s mal interpr&#233;t&#233; par notre groupe. Certains voulaient faire gr&#232;ve. Sur mon conseil, les &#233;quipes partirent au &#034;boulot&#034;, avec ordre de mettre la vitesse &#034;z&#233;ro&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On discute fort&#8230; Que faire ? Je proposai d'&#233;crire une r&#233;clamation au camp, en relatant l'incident et demandant notre changement : signature de tous. L'Inspecteur &#233;tait tr&#232;s ennuy&#233;, et regrettait le geste du patron, mais ne pouvait rien faire. Huit jours pass&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un matin, un jeune officier allemand me fit appeler. Il &#233;tait au courant de notre demande et s'effor&#231;ait de minimiser la port&#233;e du geste. Il m'offrit trois solutions :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1&#176; Rester sur place, avec des &#233;gards suppl&#233;mentaires&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2&#176; au choix, rester ou partir ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3&#176; changer de lieu et placement dans des petites fermes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Communication faite aux copains, on convint de laisser la libert&#233; de choix. Les deux &#034;vachers&#034; choisirent de rester. Ils avaient une bonne place. Ecoutez bien : le mar&#233;chal-ferrant opta pour rester ! Bon nombre d'entre nous lui auraient volontiers administr&#233; quelques vigoureux coups de pied bien plac&#233;s &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; (M&#233;moires in&#233;dits de fr Charles Bonnet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&gt; &lt;a href='https://bmehafms.fr/La-captivite-5-changement-de-ferme.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;-&amp;rarr; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Pour lire la suite&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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