F. A. Pfleger : la communauté de Monastir

Comment est constituée cette communauté. Comment elle vit. - Les comitadjis ne sont pas ceux qu’on croit !

Fr FRUMENT Jérôme (Jean FOURNIER) fait reconstruire son école

Dès le début de la guerre 14-18, le directeur de l’école est grièvement blessé. Réformé, il travaille dans une usine de Firminy où il devient contremaître. Loin du front et assez bien payé, il pense à ses Frères mobilisés et leur envoie régulièrement ses économies.

En 1919, il revient à Monastir où il trouve son école dans un état lamentable. Il faut déblayer le terrain et reconstruire. Entreprenant, il s’adresse à l’armée française qui occupe la Macédoine. Les prisonniers bulgares sont mis à sa disposition. Il sait les commander et en même temps se faire aimer d’eux.

Les confrères qui le rejoignent

Le premier Frère qui le rejoint c’est un héros de Verdun : Fr. Clémentien : Clément GUIGUETAZ, une des colonnes de l’école de Monastir où il est professeur, jardinier et économe.

En Juillet 1920, F. Jean Fournier vient à Constantinople demander au F. Provincial du renfort. Il n’est pas difficile à contenter. Il accepte de grand cœur le F. Albert PFLEGER.

Qui refuse de faire son service militaire en France. Le 5 septembre il retourne à Monastir avec ce jeune Frère, le frère Pierre-Eubert PICHON et le Frère Joseph Narcisse ROMAIN.

En Octobre, le Frère Albert Pfleger est rappelé en Turquie où il fera son service militaire sur place et seulement deux mois au lieu de trois ans. ..
C’est le F. Joannés MINOT qui le remplace. Entre temps, le F. Joseph-André VIAL vient augmenter le nombre de la communauté. Le 8 décembre 1921, le F. Albert quitte définitivement la Turquie et retourne à Monastir

Comment vit la communauté

Loin des maisons maristes de Turquie et de Grèce, la communauté vit un peu repliée sur elle-même, bien dans l’esprit de la Règle d’autrefois. Les visites des Supérieurs sont rares et constituent un heureux évènement ; pour la communauté qui, disait-on, était composée de « frères limogés ».
Malgré la rigidité de la règle et du règlement, les trois jeunes Frères se sentent heureux au milieu des « anciens combattants ». Fidélité à tous les points de la Règle du lever au coucher. L’examen de conscience de dix minutes le livre tenu à deux mains, l’angelus récité « sur la chaise à genoux »…
Promenades obligatoires les jeudis et dimanches, chapeau mariste sur la tête et manteau plié sur le bras…

Un bienfait n’est jamais perdu

Le fait suivant qui m’a été raconté par le F. VIAL (André) , en 1922, se passe dans la région de Tetovo (Macédoine)
Un « Makedone » revenu d’Amérique s’est construit une belle maison dans son village. Tout le monde sait qu’il a beaucoup d’argent.
Un soir, un soldat serbe, vrai géant se rendant en Serbie, demande l’hospitalité aux paysans du village. Personne ne veut le recevoir. Il s’adresse à « l’Américain » . De bon cœur celui-ci lui offre une chambre. ..
Au milieu de la nuit, on frappe à la porte.
« Qu’est-ce qu’il y a » demande le soldat,
« Ce sont les comitadjis
, répond son hôte, ils m’ont prévenus par lettre que cette nuit ils viendront chercher 300 Napoléons »
« N’ouvrez pas »,
dit le Serbe.
Il saute par le fenêtre arrière et pendant que les brigands essaient de forcer la porte, il les met en joue et : pan !pan !pan !… trois corps gisent sur le sol…

Des cris, des aboiements de chiens, tout le village est ameuté. On s’attroupe dans l’obscurité. Le géant intime à tous l’ordre de rentrer chez eux s’ils ne veulent pas avoir le même sort.

Le lendemain on identifie les corps. Les trois comitadjis n’étaient autres que le maire, son secrétaire et l’instituteur du village.

F. A. P. (Pfleger)

Extrait des Mémoires de Fr. Hilaire Détraz, (1980)

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