
Entre 1685 et 1767, date du traité de Paris, Français et Anglais se disputent les territoires de l’Amérique du Nord. Ils se livrent une guerre cruelle. La technique favorite des troupes françaises consiste à effectuer des descentes éclairs sur les villages de la Nouvelle-Angleterre pour « dissuader les habitants de s’établir dans cette région ». Elles feront plus de soixante de ces razzias pendant cette période.
Guidés par les Indiens Abenakis auxquels ils se sont associés, les soldats français, excités par les cris de guerre stridents des Indiens, fondent au petit matin sur les habitations, y mettent le feu et massacrent les occupants au fusil ou au tomahawk. Seuls sont épargnés les femmes enceintes et les enfants. Non pas pour des motifs humanitaires, mais comme otages à échanger contre des prisonniers.
C’est ainsi qu’à la fin de l’hiver 1725, un enfant de huit ans, Joseph Rives, est fait prisonnier à St. Mary du Maryland, au sud de Washington. Ses parents, John Rives et Jane Crine, récemment émigrés des Lowlands, au nord de l’Angleterre, n’auront pas la vie sauve.
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Hubert Reeves : « Je n’aurai pas le temps » p.15